Hofesh Shechter investit l’Opéra Garnier et y dévoile, en compagnie du Ballet de l’Opéra national de Paris, vêtu de Chanel, Red Carpet : un spectacle électrique, parfois intense.
Conçu en exclusivité pour l’Opéra national de Paris, Red Carpet s’ouvre sur un rideau pourpre, puis un second, puis un troisième, dévoilant un quatuor de musiciens en smoking, haut perchés, d’où s’élève un violoncelle électrisant et plaintif, aux accents parfois tziganes. Devant eux, treize danseurs habillés en Chanel, dans le style des Années folles, s’adonnent aux plaisirs de la danse dans un clair-obscur vaporeux, sous un lustre monumental qui évoque ceux de Garnier : une belle mise en abyme scénographique !

Les gestes et mouvements, signatures d’Hofesh Shechter, sont vite reconnaissables. Le chorégraphe d’origine israélienne et installé à Londres signe ici sa première création pour le Ballet de l’Opéra national de Paris, après y avoir inscrit au répertoire The Art of Not Looking Back (2018), Uprising et In Your Rooms (2022).

D’entrée de jeu, les danseurs, portés par un élan collectif comme s’il s’agissait d’une dernière danse, nous happent et nous invitent à participer mentalement à leur rave party survoltée… qui, en milieu de course, s’essouffle un peu : Shechter privilégiant alors des tableaux plus contemplatifs, certes esthétiques, mais parfois longs. Les rideaux s’ouvrent, se ferment, le lustre fait le yoyo… jusqu’au final mémorable, d’une énergie survoltée, qui emporte tout. L’émotion est là, enfin !

Red Carpet d’Hofesh Shechter à l’Opéra national de Paris jusqu’au 14 juillet 205.
Tout le casting sur le site officiel : https://www.operadeparis.fr/saison-24-25/ballet/hofesh-shechter
