Interview. Quentin Zuttion : « « Freed from Desire » signifie « Libéré du désir », je ne pouvais pas trouver meilleure chanson pour mes personnages »

Après « La Dame Blanche », un ouvrage poétique et bouleversant sur la fin de vie en Ehpad, Quentin Zuttion revient avec « Toutes les princesses meurent après minuit », un roman graphique lumineux sur les premiers émois et les désillusions. Le petit Lulu, héros qui tient autant de l’enfant qu’était son créateur que du personnage éponyme de « L’Effrontée », est tiraillé entre la masculinité de son ami Yoyo ou celle de son père et la féminité de ses poupées ou des princesses des contes, en lesquelles il s’identifie naturellement. Son choix est fait, il est l’heure des aveux ! En 24 heures, par une belle journée d’été ensoleillé, le jour de l’accident mortel de Lady Di et sur les rythmes de « Freed from desire », sa maison ordinaire de province et ses habitants vont être frappés par les douze coups de minuit. Un cap à franchir, rien de plus, c’est la vie ! Et de vie « Toutes les princesses meurent après minuit » n’en manque pas ! Quentin Zuttion la sublime sans pareil. Nous avons eu l’occasion de le rencontrer pour revenir sur ce magnifique album, un chef-d’œuvre de délicatesse.

Interview. Sohrâb Chitan, danseur et chorégraphe : « Dans tous les cas, pour passer d’une technique à l’autre, il faut travailler. Je ne pense pas qu’une seule puisse te permettre d’être à l’aise partout »

Formé à l’École de Danse Rudra-Béjart à Lausanne et après avoir intégré la  compagnie Alonzo King Lines Ballet à San Francisco, Sohrâb Chitan revient en France et crée sa propre compagnie en 2013, à Bordeaux. La troupe du jeune chorégraphe et danseur né en 1987 à Paris trouve au fil du temps son identité et attire vite les projecteurs en fusionnant énergie et sensualité. Son leader trouve l’inspiration dans la peinture ou la littérature comme « La Fin de journée », un poème issu des « Fleures du Mal » de Baudelaire. En 2021, suite à l’annulation d’une commande, une adaptation de « La Belle au Bois Dormant », il imagine pendant le troisième confinement et presque dans l’urgence « Deter », comme pour continuer à faire vivre le mouvement. 

Mélanie Isaac : « C’est un appel au courage. Cette chanson s’adresse à tous les gens qui n’ont pas été pris au sérieux où qui ne se sont pas eux-eux-mêmes pris assez au sérieux. »

Ardennaise basée à Bruxelles, Mélanie Isaac revient des profondeurs de l’âme pour s’installer à la « Surface », plus légère, et nous présenter son véritable premier album évoquant Françoise Hardy, Barbara, Clara Luciani ou Dominique A. Mais l’artiste belge a suffisamment de maturité et de personnalité pour s’en démarquer. Mélancoliques et teintées d’humour, ces 9 chansons nous embarquent aussi bien pour la Floride qu’au Paradis Nord. On la suit volontiers dans ce périple solaire !

Interview. Nina : « Je suis mal à l’aise en public. Je me justifie souvent. Ce qui me sauve, c’est que je m’autorise à faire des chansons. »

Affranchie d’un duo musical et amoureux, la prodigieuse Nina débarque sur la scène musicale pour nous adresser son « Adieu », qui n’est rien d’autre qu’une renaissance. Dans la lignée de Clara Luciani ou Fishbach, la jeune artiste de 24 ans marche seule vers le succès grâce à ce premier EP introspectif et crépusculaire, agrémenté de claviers froids un brin 80’s et de mélodies entêtantes. Romantiques, sombres et envoûtantes, ses chansons témoignent à la fois d’une hypersensibilité et d’une force émergente redoutable. Nous sommes allés à sa rencontre…

INTERVIEW. Fabien Toulmé : « Quand je raconte que je suis allé manger dans un maquis, c’est anecdotique, mais ça permet au lecteur de vraiment partager l’aventure. »

Après « Suzette ou le grand amour », Fabien Toulmé renoue avec la BD reportage dans « Les reflets du monde en lutte ». A la manière de « L’Odyssée d’Hakim », l’auteur-dessinateur est parti à la rencontre de trois femmes résistantes, à Beyrouth, au Brésil puis au Bénin. Il en a tiré trois portraits, trois histoires étonnantes à la fois singulières et universelles. Avec humour et humanisme, il y raconte la Thawra, révolution citoyenne et pacifique au Liban, la résistance d’une favela brésilienne contre un projet immobilier qui vise à expulser ses habitants et détruire son passé, et l’engagement à contre-courant de sa culture d’une militante féministe au Bénin qui se définit avant tout comme une « organisatrice communautaire ». Dans ces mouvements de résistance, les femmes occupent une place primordiale. Épaulé par le sociologue Olivier Fillieule, Fabien Toulmé décrypte, en 336 pages passionnantes et instructives, la résistance populaire. Nous l’avons rencontré à Paris, pour en parler.

INTERVIEW. Marie-Flore : « Je chante les désespoirs, les cœurs brisés et comment une histoire peut réussir ou foirer. »

Son second album s’annonçait ironiquement « Mal barré », mais c’est plutôt bien parti pour Marie-Flore. Après « Braquage » (2019), elle enfonce le clou avec « Je sais pas si ça va », un opus porté par des cordes flamboyantes, plus pop mais qui ne manque pas de mordant et de romantisme. L’Amour, l’artiste, telle une anti-héroïne de film noir, le décortique en douze chansons et en dévoile autant de facettes. Féroce ou drôle, Marie-Flore joue sur les deux tableaux mais toujours avec sincérité. Nous sommes allés à sa rencontre pour savoir si tout allait bien, nous voilà rassurés !

INTERVIEW. Pi Ja Ma : « Nos influences sont vraiment hyper variées et je crois que c’est ce qui fait l’originalité de nos projets. »

Se jouant des genres et des époques, Pi Ja Ma revient avec « Seule sous ma frange », un second disque imprégné de romantisme et partagé en deux faces : la A dédiée à l’optimisme et la B nettement plus mélancolique. Pauline de Tarragon, de son vrai nom, y explore ces deux facettes de sa personnalité en compagnie d’Axel Concato son fidèle producteur et co-compositeur depuis son EP Radio Girl (2016). Ensemble, ils s’aventurent sur les terres d’ABBA, de Daft Punk, des Rita Mistouko, de Jacques Demy et Michel Legrand, du doo-wop… Autant de références volontaires et assumées ou pas que nous avons abordées avec elle et sa chienne Sacha présente lors de notre entretien comme sur la pochette de l’album.

INTERVIEW. Canine : « La nature est le thème central de mes deux albums, l’élément salvateur ! « Dune » est terrien. « Source » est davantage un voyage vers l’ivresse des profondeurs. »

Après « Dune », un chef-d’œuvre électro-pop mystique, Canine nous emmène à la « Source » et s’y dévoile ! Pour l’occasion, Magali Cotta, de son vrai nom, tombe le masque. Plus lumineux et pop, ce second album salvateur évoque l’ivresse des profondeurs. On y plonge volontiers !

INTERVIEW. Jean-Louis Tripp, auteur du bouleversant Le petit frère : « Comment dessiner des gens qui pleurent toutes les larmes de leur corps sans sombrer dans le pathos ? C’était la grande question ! »

« On ne meurt pas en pleines vacances d’été quand on a onze ans et demi ». La mort de Gilles, fauché par un chauffard, a fait l’effet d’une bombe dans la vie de Jean-Louis Tripp. C’est ce choc brutal et ses conséquences que l’auteur raconte avec intelligence et sans pathos dans son nouveau roman autobiographique, graphique et poignant « Le petit frère ». Un chef-d’œuvre !

Interview. The Doug : « Il y a quelques années, je me définissais comme un rappeur faisant un peu de chanson, mais maintenant plus comme un chanteur faisant un peu de rap. »

Du haut de ses 21 ans, The Doug débarque sur la scène française et y répand toute sa jeunesse avec force et fougue. Dans son premier EP « Jeune The Doug », Jules, son vrai prénom, nous livre ses états d’âme. Sa chanson française teintée de rap évoque Alain Bashung mais ses influences vont du rock nerveux de System of a Down au cinéma social et burlesque de Bruno Dumont. Des deux, The Doug a hérité d’une certaine singularité que nous avons tenté de saisir lors de notre rencontre.