INTERVIEW. Fabien Toulmé : « Quand je raconte que je suis allé manger dans un maquis, c’est anecdotique, mais ça permet au lecteur de vraiment partager l’aventure. »

Après « Suzette ou le grand amour », Fabien Toulmé renoue avec la BD reportage dans « Les reflets du monde en lutte ». A la manière de « L’Odyssée d’Hakim », l’auteur-dessinateur est parti à la rencontre de trois femmes résistantes, à Beyrouth, au Brésil puis au Bénin. Il en a tiré trois portraits, trois histoires étonnantes à la fois singulières et universelles. Avec humour et humanisme, il y raconte la Thawra, révolution citoyenne et pacifique au Liban, la résistance d’une favela brésilienne contre un projet immobilier qui vise à expulser ses habitants et détruire son passé, et l’engagement à contre-courant de sa culture d’une militante féministe au Bénin qui se définit avant tout comme une « organisatrice communautaire ». Dans ces mouvements de résistance, les femmes occupent une place primordiale. Épaulé par le sociologue Olivier Fillieule, Fabien Toulmé décrypte, en 336 pages passionnantes et instructives, la résistance populaire. Nous l’avons rencontré à Paris, pour en parler.

INTERVIEW. Marie-Flore : « Je chante les désespoirs, les cœurs brisés et comment une histoire peut réussir ou foirer. »

Son second album s’annonçait ironiquement « Mal barré », mais c’est plutôt bien parti pour Marie-Flore. Après « Braquage » (2019), elle enfonce le clou avec « Je sais pas si ça va », un opus porté par des cordes flamboyantes, plus pop mais qui ne manque pas de mordant et de romantisme. L’Amour, l’artiste, telle une anti-héroïne de film noir, le décortique en douze chansons et en dévoile autant de facettes. Féroce ou drôle, Marie-Flore joue sur les deux tableaux mais toujours avec sincérité. Nous sommes allés à sa rencontre pour savoir si tout allait bien, nous voilà rassurés !

INTERVIEW. Pi Ja Ma : « Nos influences sont vraiment hyper variées et je crois que c’est ce qui fait l’originalité de nos projets. »

Se jouant des genres et des époques, Pi Ja Ma revient avec « Seule sous ma frange », un second disque imprégné de romantisme et partagé en deux faces : la A dédiée à l’optimisme et la B nettement plus mélancolique. Pauline de Tarragon, de son vrai nom, y explore ces deux facettes de sa personnalité en compagnie d’Axel Concato son fidèle producteur et co-compositeur depuis son EP Radio Girl (2016). Ensemble, ils s’aventurent sur les terres d’ABBA, de Daft Punk, des Rita Mistouko, de Jacques Demy et Michel Legrand, du doo-wop… Autant de références volontaires et assumées ou pas que nous avons abordées avec elle et sa chienne Sacha présente lors de notre entretien comme sur la pochette de l’album.

INTERVIEW. Canine : « La nature est le thème central de mes deux albums, l’élément salvateur ! « Dune » est terrien. « Source » est davantage un voyage vers l’ivresse des profondeurs. »

Après « Dune », un chef-d’œuvre électro-pop mystique, Canine nous emmène à la « Source » et s’y dévoile ! Pour l’occasion, Magali Cotta, de son vrai nom, tombe le masque. Plus lumineux et pop, ce second album salvateur évoque l’ivresse des profondeurs. On y plonge volontiers !

INTERVIEW. Jean-Louis Tripp, auteur du bouleversant Le petit frère : « Comment dessiner des gens qui pleurent toutes les larmes de leur corps sans sombrer dans le pathos ? C’était la grande question ! »

« On ne meurt pas en pleines vacances d’été quand on a onze ans et demi ». La mort de Gilles, fauché par un chauffard, a fait l’effet d’une bombe dans la vie de Jean-Louis Tripp. C’est ce choc brutal et ses conséquences que l’auteur raconte avec intelligence et sans pathos dans son nouveau roman autobiographique, graphique et poignant « Le petit frère ». Un chef-d’œuvre !

Interview. The Doug : « Il y a quelques années, je me définissais comme un rappeur faisant un peu de chanson, mais maintenant plus comme un chanteur faisant un peu de rap. »

Du haut de ses 21 ans, The Doug débarque sur la scène française et y répand toute sa jeunesse avec force et fougue. Dans son premier EP « Jeune The Doug », Jules, son vrai prénom, nous livre ses états d’âme. Sa chanson française teintée de rap évoque Alain Bashung mais ses influences vont du rock nerveux de System of a Down au cinéma social et burlesque de Bruno Dumont. Des deux, The Doug a hérité d’une certaine singularité que nous avons tenté de saisir lors de notre rencontre.

Interview. Fishbach : « Ça m’a toujours beaucoup touché les gens qui confrontent deux mondes opposés et qui montrent qu’ils ne sont pas du tout incompatibles. »

Portée par un surréalisme nourri de ses rêves, Fishbach sublime le réel. « Avec les yeux », titre de son second album, l’artiste crée un univers harmonieux et foisonnant pourtant constitué de références divergentes. Juste avant son concert au 106 à Rouen, nous avons eu l’occasion de la rencontrer sans interprète et parfaitement chaussée, le temps d’échanger quelques idées sur Scorpions, Bonnie Tyler, Michel Audiard, la musique de bagnole ou encore la Techno.

INTERVIEW. Baptiste W. Hamon : « Je suis inspiré par la mélancolie, les souvenirs joyeux ou tristes mais je suis aussi complètement habité par l’espoir »

Portée par des chœurs sublimes, les nouvelles chansons tragiques ou à boire de Baptiste W. Hamon nous font passer par divers états émotionnels. Pleines de vie, elles racontent, entre rires et larmes, le destin des écorchés parfois « Jusqu’à la lumière », le titre de son troisième album réalisé par John Parish.

Interview. Jean Claracq : « Ce qui m’intéresse, c’est cet espace de liberté que la nuit peut être et notamment pour la communauté gay »

Empreintes de l’histoire de l’art, d’Instagram et d’une grande mélancolie, les peintures de Jean Claracq évoquent le papier photos glossy et la lumière homogène des écrans. Né à Bayonne en 1991 et diplômé de L’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2017, l’artiste est devenu en quelques années une figure majeure de la scène contemporaine.

Interview. Ryder The Eagle : «  Je pense qu’inconsciemment Lucky Luke m’a influencé. C’est surtout ce à quoi il est associé qui m’intéresse : la liberté, la solitude et le voyage interminable »

Aventurier des temps modernes, Adrien Cassignol, alias Ryder The Eagle, souffle un vent de liberté et de romantisme crépusculaire sur la pop. « Follymoon », son premier album, évoque une fin de soirée à Las Vegas ou la dernière case d’un Lucky Luke. Portée par la mélancolie et un bel élan d’optimisme, le cowboy toulousain s’élance, tel un personnage de film américain indépendant des années 70, sur la scène pop où nous l’avons rencontré, plus exactement celle du Balajo, à Paris.