À l’Opéra-Comique, une Nuit sans aube fantasmagorique mais trop monocorde !

Créé en janvier 2026 au Staatsoper Unter den Linden de Berlin sous le titre original Das kalte Herz par Matthias Pintscher et Daniel Arkadij Gerzenberg, Nuit sans aube arrive à l’Opéra-Comique, traduit en français par Catherine Fourcassié, et détonne !

Nuit sans aube – La bande-annonce

Nuit sans aube est donc une création contemporaine, mais imprégnée de fables et de légendes d’antan. Pour imaginer cet opéra, le compositeur allemand Matthias Pintscher et le librettiste Daniel Arkadij Gerzenberg se sont inspirés d’un conte romantique de Wilhelm Hauff (1802-1827), L’Auberge du Spessart, maintes fois adapté, tout en y glissant quelques références au Livre des morts des Anciens Égyptiens et à l’Ancien Testament.

L’œuvre prend sa source dans la Forêt Noire, où règne une atmosphère chaotique. Peter doit se résigner à offrir son cœur à Anubis, sous le regard complice de sa mère. Le récit est un peu mince et semble s’étirer en longueur, d’autant que les personnages sont peu attachants, probablement à cause d’un lyrisme inexistant : point de mélodie ! L’orchestre semble, lui, ponctuer chaque réplique à l’aide d’une partition stridente, souvent subtile mais très répétitive.

Nuit sans aube © S. Brion

Heureusement, la mise en scène de James Darrah parvient, surtout dans la seconde partie, à nous tenir en éveil, au moment où Anubis apparaît entourée de ses loups : une horde de jeunes hommes qui évoluent autour d’elle de manière aussi sensuelle qu’inquiétante, éclairés par une lumière sculpturale sur fond rouge. Les costumes de Molly Irelan sont époustouflants, mais de ce mélange de musique contemporaine et de fable d’antan n’émane que trop peu magie.

Nuis sans aube de Matthias Pintscher et Daniel Arkadij Gerzenberg, à l’Opéra-Comique à Paris, jusqu’au 17 mars 2026.
Tout le casting sur le site officiel : https://www.opera-comique.com/fr/spectacles/nuit-sans-aube