À 72 ans, Kim Gordon, ex-bassiste de Sonic Youth, continue de se renouveler et livre Play Me, un troisième album corrosif, aussi expérimental que mélodique, imprégné des maux de notre époque.
Repoussant les frontières du krautrock pour mieux le redéfinir, Play Me montre que Kim Gordon, à plus de 70 ans, reste portée par une fougue communicative. Entourée de son fidèle producteur Justin Raisen (Charli XCX, Sky Ferreira et Yves Tumor), elle sample le hip-hop old school et ravive avec brio le trip-hop, qu’elle tire vers un genre nouveau, le sien. Totalement en phase avec son époque, l’artiste aborde — voire dénonce, non sans une certaine ironie — les dommages collatéraux provoqués par une classe de milliardaires, l’écroulement de la démocratie, le fascisme technocratique ou encore l’aplatissement de la culture via l’IA. Pour conclure, l’Américaine reprend à la note près Byebye, titre issu de son précédent disque, pour clamer haut et fort tous les mots que le gouvernement de Donald Trump s’acharne à gommer des sites et écrits officiels. Une belle audace, aussi formelle que politique !


Play Me, le troisième album de Kim Gordon
