Plateau incliné à 34° et rouleau qui tourne sur lui-même… le Théâtre de la Ville de Paris s’habille d’un grand apparat quasi « circassien » pour la venue de deux ballets de Damien Jalet et du Ballet du Grand Théâtre de Genève, durant laquelle la scène devient le lieu de tous les dangers !
Le Théâtre de la Ville de Paris (Chaillot hors les murs) présente Skid et Thr(o)ugh, deux spectacles de Damien Jalet inspirés du périlleux rituel japonais du festival d’Onbashira, durant lequel des hommes chevauchent des troncs d’arbres en descendant le flanc d’une montagne.
La montagne, on la retrouve dans le premier opus. Elle est représentée par un plan incliné à 34°, sur lequel des corps presque inertes se laissent glisser, au rythme de la musique électro acoustique de Christian Fennesz, remix de symphonies du compositeur Gustav Mahler. Au fil du temps, ils s’éveillent, apprivoisent maladroitement leur environnement, chutent puis se relèvent… évoluant dans le chaos. De ce va-et-vient jaillit un cocon d’où émerge un homme nu, parvenant enfin à se tenir debout au sommet, symbole d’une humanité triomphante : belle image !

Plus sombre, Thr(o)ugh a été imaginé quelques mois après les attentats du 13 novembre 2015, dont Damien Jalet a été témoin direct. Le chorégraphe belge met ici en scène un immense tronc creux, dans et autour duquel les danseurs se laissent entraîner dans des mouvements d’abandon et de résistance. Le final se déroule à l’intérieur de cet espace tapissé de miroirs, mais malheureusement, seuls les spectateurs assis bien en face de la scène pourront jouir de ce pur moment de poésie tragique, sommet d’un ensemble qui manque toutefois d’un peu d’harmonie et d’élégance.

Onbashira Diptych – Skid et Thr(o)ugh au Théâtre de la Ville de Paris (Chaillot hors les murs) jusqu’au 8 mars 2026.
