La Bourse de commerce écrit, à l’aide d’une centaine d’œuvres, un nouveau chapitre intitulé « Clair-obscur », qui réunit plusieurs artistes, dont Victor Man, qui bénéficie à lui seul d’une exposition entière.

Ici, un morceau de jambe servant de chandelier, là, un phallus sur lequel se repose une femme, plus loin, un incendie flamboyant ou encore un rideau d’or monumental : la nouvelle exposition de la Bourse de Commerce – Pinault Collection dévoile un monde en clair-obscur et déroule un récit passionnant, parfois déroutant, mais souvent poétique. On y croise Jean Dubuffet, Alberto Giacometti, Robert Gober, Pierre Huyghe, Germaine Richier, Alina Szapocznikow, Yves Tanguy, Wolfgang Tillmans, Bill Viola… et un certain Victor Man. Une salle lui est entièrement consacrée.

Né en 1974 en Roumanie, le peintre apparaît comme un digne héritier du chiaroscuro, ce célèbre mouvement pictural de la Renaissance qui perdure encore aujourd’hui. Dans certaines œuvres, l’artiste traite de fables mystérieuses, de figures crépusculaires et de vanités contemporaines. Dans d’autres, il copie des toiles de la pré-Renaissance italienne en les assombrissant considérablement, si bien qu’elles ne paraissent pas éclairées. Pour les découvrir, il faut alors se figer un instant face à elles, afin d’habituer notre regard à l’obscurité, révélant ainsi une stylisation de la violence dans la peinture religieuse occidentale : à méditer !

Dans la rotonde, Camata (2024), le film contemplatif de Pierre Huyghe (né en 1962 en France), invite lui aussi à une méditation, mais cette fois-ci sur la place de l’être humain au sein d’un univers régi par la technologie. L’hybridation de la mort et de la vie, de la réalité et de la fiction, du corps et du paysage, du passé, du présent et du futur, de la nuit et du jour, de l’ombre et de la lumière, de la terre et du ciel, du rituel et du cosmos, de l’humain et du non-humain s’y rejoue sans cesse.

On retrouve l’artiste dans la Galerie 4, où est présenté Mind’s Eye (L) (2021), une reconstruction matérialisée d’une deep image, aux côtés des fabuleuses toiles surréalistes d’Yves Tanguy : une re(découverte) essentielle dans ce parcours sombre, mais traversé par de merveilleuses éclaircies, comme celle-ci.
Exposition Clair-obscure, à la Bourse de Commerce à Paris, jusqu’au 24 août 2026.
Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !













