Nan Goldin en diaporamas !

À travers l’exposition « This Will Not End Well », le Grand Palais présente pour la première fois en France une vue d’ensemble de l’œuvre de la photographe Nan Goldin, envisagée ici comme cinématographique, soit sous forme de diaporamas et de vidéos, thématiques et parfois narratives.

Christmas at The Other Side, Boston, 1972 © Nan Goldin

« J’ai toujours voulu être cinéaste. Mes diaporamas sont des films composés de photos », explique Nan Goldin. Partant de ce constat, le Grand Palais dévoile, en son sein — dans son Salon d’honneur — et à la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, une série de diaporamas mêlant photographies et extraits de films. Point, donc, d’accrochage de tirages. Les images ne sont visibles qu’à travers ce dispositif, mais en grande quantité. Ainsi, les chefs-d’œuvre connus se mêlent à de nombreuses découvertes.

Jimmy Paulette on David’s bike, NYC, 1991 © Nan Goldin

Au Grand Palais, les œuvres sont présentées dans des salles thématiques plongées dans l’obscurité, accessibles derrière des rideaux : The Ballad of Sexual Dependency (1981-2022), son magnum opus ; The Other Side (1992-2021), un portrait historique en hommage à ses ami·e·s trans, photographié·e·s entre 1972 et 2010 ; Sirens (2019-2020), une plongée dans l’extase de la drogue ; Stendhal Syndrome (2024), inspirée de six mythes tirés des Métamorphoses d’Ovide, qui explore ce trouble décrit par Stendhal comme une perte de connaissance face à la beauté écrasante de l’art ; et enfin Memory Lost (2019-2021). Ce voyage claustrophobe à travers le sevrage de la drogue est certainement le plus abouti et le plus touchant car il est constitué de témoignages et de messages laissés sur des répondeurs, parfois poignants.

À la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, avec Sisters, Saints, Sibyls (2004-2022), l’artiste livre un témoignage sur le traumatisme familial et le tabou du suicide. Cette installation n’est pas une nouveauté. Elle avait été conçue pour cet espace en 2004, dans le cadre du Festival d’Automne.

Clemens eating grapes under my arbour, Sag Harbor, NY, 2001 © Nan Goldin

Ce dispositif est l’occasion de découvrir une très vaste étendue du travail de Nan Goldin, ce qu’un accrochage traditionnel n’aurait pas permis, mais il instaure aussi une distance avec son médium de prédilection, la photographie, ne nous permettant ni de nous y attarder à notre convenance ni de nous y perdre pleinement.

French Chris at the Drive-in, N.J, 1979 © Nan Goldin

Exposition This Will Not End Well de Nan Goldin, au Grand Palais, jusqu’au 21 juin 2026.