đź’› – Coup de projecteur sur « Les premiers homosexuels » au Kunstmuseum Basel

Avec audace, le Kunstmuseum Basel met sous ses projecteurs les premiers homosexuels, dans le cadre d’une exposition itinĂ©rante et rĂ©duite, mais en partie orientĂ©e vers des artistes locaux : The First Homosexuals – La naissance de nouvelles identitĂ©s (1869–1939). De belles dĂ©couvertes !

Vue de l’exposition et en particulier d’Interior with Hendrik Andersen and John Briggs Potter in Florence (1894) d’Andreas Andersen © Benoit Gaboriaud

Les premiers homosexuels ? Il ne s’agit pas ici de leur apparition, qui remonte à la nuit des temps, mais de leur première définition. Le terme apparaît pour la première fois dans l’espace germanophone en 1869. Consacré essentiellement aux représentations de l’homosexualité dans les beaux-arts, le parcours débute donc à cette date pour se terminer en 1939, période charnière.

Vue de l’exposition The First Homosexuals – La naissance de nouvelles identitĂ©s (1869–1939) © Benoit Gaboriaud

Venue de Chicago, plus prĂ©cisĂ©ment de l’espace Wrightwood 659, l’exposition itinĂ©rante se prĂ©sente ici sous une forme rĂ©duite, dont le discours peut parfois paraĂ®tre succinct. Mais l’enjeu est ailleurs : mettre en lumière quelques artistes locaux parmi des cĂ©lĂ©britĂ©s, homosexuels ou ayant abordĂ© la question dans leurs Ĺ“uvres. Figurent des « stars Â» tels que Tamara de Lempicka, Tsuguharu Foujita ou encore Aristide Maillol et son fameux Cycliste. Il s’agit d’une commande du comte allemand Harry Kessler, premier mĂ©cène du sculpteur, qui souhaitait tout simplement possĂ©der un portrait nu et en pied de son compagnon : le coureur cycliste Gaston Colin. Son bronze, tirĂ© du vivant de l’artiste, appartient justement au musĂ©e.

Portait de Maurice Deriaz (1907) de Gustave Courtois © Commune de Baulmes

Mais cette exposition est donc surtout pour nous français l’occasion de dĂ©couvrir des artistes peu connus chez nous, Ă  tort, comme Andreas Andersen, dont est dĂ©voilĂ© le sublime et dĂ©licat Interior with Hendrik Andersen and John Briggs Potter in Florence (1894). Le peintre y a reprĂ©sentĂ© avec spontanĂ©itĂ© et douceur une scène de rĂ©veil entre deux hommes, dans laquelle la figure du chat est, Ă  cette Ă©poque, associĂ©e Ă  une forme de sexualitĂ© implicite. On retrouve d’ailleurs le fĂ©lin dans un autre chef-d’œuvre qui met cette fois en scène deux femmes : Contre-jour (1888) de Marie-Louise-Catherine Breslau. Parmi les autres dĂ©couvertes, mentionnons Paul Camenisch, dont le style diffère Ă©trangement entre deux toiles, Karl Pärsimägi Ă  travers un portrait qui donne envie d’en savoir plus sur l’artiste, ou encore Ludwig von Hofmann et ses Jeunes pĂŞcheurs nus.

Le projet s’accompagne d’un catalogue très complet et bien documentĂ©, qui aborde le sujet en dĂ©tail avec un grand nombreuses d’illustrations d’Ĺ“uvres, nous permettant ainsi d’en savoir un peu plus sur ces artistes trop longtemps laissĂ© dans le placard par l’histoire de l’art.

Exposition The First Homosexuals – La naissance de nouvelles identitĂ©s (1869–1939) au Kunstmuseum Basel, en Suisse, jusqu’au 2 aoĂ»t 2026.

Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !