Avec audace, le Kunstmuseum Basel met sous ses projecteurs les premiers homosexuels, dans le cadre d’une exposition itinérante et réduite, mais en partie orientée vers des artistes locaux : The First Homosexuals – La naissance de nouvelles identités (1869–1939). De belles découvertes !

Les premiers homosexuels ? Il ne s’agit pas ici de leur apparition, qui remonte à la nuit des temps, mais de leur première définition. Le terme apparaît pour la première fois dans l’espace germanophone en 1869. Consacré essentiellement aux représentations de l’homosexualité dans les beaux-arts, le parcours débute donc à cette date pour se terminer en 1939, période charnière.

Venue de Chicago, plus précisément de l’espace Wrightwood 659, l’exposition itinérante se présente ici sous une forme réduite, dont le discours peut parfois paraître succinct. Mais l’enjeu est ailleurs : mettre en lumière quelques artistes locaux parmi des célébrités, homosexuels ou ayant abordé la question dans leurs œuvres. Figurent des « stars » tels que Tamara de Lempicka, Tsuguharu Foujita ou encore Aristide Maillol et son fameux Cycliste. Il s’agit d’une commande du comte allemand Harry Kessler, premier mécène du sculpteur, qui souhaitait tout simplement posséder un portrait nu et en pied de son compagnon : le coureur cycliste Gaston Colin. Son bronze, tiré du vivant de l’artiste, appartient justement au musée.

Mais cette exposition est donc surtout pour nous français l’occasion de découvrir des artistes peu connus chez nous, à tort, comme Andreas Andersen, dont est dévoilé le sublime et délicat Interior with Hendrik Andersen and John Briggs Potter in Florence (1894). Le peintre y a représenté avec spontanéité et douceur une scène de réveil entre deux hommes, dans laquelle la figure du chat est, à cette époque, associée à une forme de sexualité implicite. On retrouve d’ailleurs le félin dans un autre chef-d’œuvre qui met cette fois en scène deux femmes : Contre-jour (1888) de Marie-Louise-Catherine Breslau. Parmi les autres découvertes, mentionnons Paul Camenisch, dont le style diffère étrangement entre deux toiles, Karl Pärsimägi à travers un portrait qui donne envie d’en savoir plus sur l’artiste, ou encore Ludwig von Hofmann et ses Jeunes pêcheurs nus.
Le projet s’accompagne d’un catalogue très complet et bien documentĂ©, qui aborde le sujet en dĂ©tail avec un grand nombreuses d’illustrations d’Ĺ“uvres, nous permettant ainsi d’en savoir un peu plus sur ces artistes trop longtemps laissĂ© dans le placard par l’histoire de l’art.
Exposition The First Homosexuals – La naissance de nouvelles identitĂ©s (1869–1939) au Kunstmuseum Basel, en Suisse, jusqu’au 2 aoĂ»t 2026.
Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !









