Après Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig, David Sala s’empare d’un autre monument de la littĂ©rature, Frankenstein, pour en faire un chef-d’Ĺ“uvre personnel.

Au théâtre, au cinéma, récemment encore par Guillermo del Toro avec Jacob Elordi dans le rôle-titre… On ne compte plus les adaptations de Frankenstein, le roman mythique de Mary Shelley paru en 1818. Mais la toute dernière version, celle de David Sala, se place au-dessus du panier. Le bédéiste n’en livre pas là une simple adaptation fidèle. Il s’en empare pour en faire une œuvre personnelle et humaniste, au dessin remarquable. Pour ce faire, il a travaillé à la gouache. En résultent, comme toujours, des planches flamboyantes, d’une beauté formelle hors norme. Mais au-delà de l’exercice de style, ce Frankenstein se rapproche finalement presque davantage d’Elephant Man, le film de David Lynch, notamment lors d’une scène de traque poignante. David Sala en fait une créature sensible, que la cruauté des hommes a transformée en monstre. Ainsi, l’auteur aborde au fil des pages les thèmes de la création et de l’injustice mais surtout de la différence : la manière dont certaines foules réagissent face à des êtres inconnus, trop souvent par la haine. Qui sont les montres ? Telle est la question essentielle que pose ici David Sala, à un moment où une partie de l’humanité semble sombrer dans la malveillance !

Frankenstein d’après Mary Shelley – ScĂ©nario et dessin : David Sala – Pages : 232 – Prix : 28 € – Editeur : Casterman.



