D’égérie de la mode à correspondante de guerre, le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris dévoile les multiples facettes du travail de Lee Miller, notamment celle, particulièrement poignante, liée à la Shoah : une exposition essentielle !

Tout simplement intitulĂ©e Lee Miller, cette rĂ©trospective du MAM dresse le portrait d’une photographe hors norme, au regard singulier et sensible, Ă travers 250 tirages anciens et modernes, dont plusieurs inĂ©dits. Le parcours la rĂ©vèle d’abord comme cĂ©lèbre mannequin Ă la fin des annĂ©es 1920, incarnation de la femme moderne, icĂ´ne des surrĂ©alistes, puis comme reporter de guerre, correspondante pour les États-Unis. Loin des strass et des paillettes, elle s’imprègne des tourments de l’Histoire, dont elle ne cesse de dĂ©couvrir en première ligne les atrocitĂ©s, pour les capturer et les rĂ©vĂ©ler au monde entier.

Dans un premier temps, elle consacre de nombreux reportages aux femmes engagées dans la Seconde Guerre Mondiale : infirmières, membres de la défense anti-aérienne, aviatrices, publiés aussi bien dans Vogue britannique qu’américain. Puis, quelques semaines après le Débarquement de juin 1944, elle traverse la Manche pour suivre l’avancée des troupes alliées. En 1945, elle entre dans les camps de Dachau et Buchenwald juste après leur libération, et livre parmi les premières images du génocide nazi. La même année, elle réalise la célèbre photographie dans la baignoire d’Hitler à Munich, devenue célèbre.

Ainsi, Lee Miller passe du rĂŞve au cauchemar et les rĂ©vèle avec une mĂŞme intensitĂ© visuelle. Terrifiantes, ces images sont particulièrement choquantes mais aussi nĂ©cessaires. Elles marquent profondĂ©ment l’artiste, qui peine ensuite Ă se relever de cette expĂ©rience. Peu Ă peu, elle se dĂ©tache des commandes commerciales pour trouver l’inspiration dans sa sphère privĂ©e. Elle rĂ©alise alors des portraits de ses proches, tĂ©moignant de son lien durable avec l’avant-garde internationale. Cette histoire bouleversante, celle d’une artiste humaniste confrontĂ©e aux extrĂŞmes, est particulièrement bien documentĂ©e au MAM, en collaboration avec la Tate Britain et l’Art Institute of Chicago.
Lee Miller au MusĂ©e d’Arts Moderne de la ville de Paris, jusqu’au 2 aoĂ»t 2026.
Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous. Bonne visite !











