đź’› – Satyagraha, le chef-d’œuvre de Philip Glass entre Ă  l’OpĂ©ra de Paris, oĂą il triomphe !

Deuxième volet de l’informelle « trilogie des portraits », entre Einstein on the Beach (1976) et Akhnaten (1984), Satyagraha de Philip Glass prend toute sa dimension à l’Opéra de Paris grâce à Bobbi Jene Smith et Or Schraiber. Après y avoir présenté Pit en 2023, ballet basé sur le Concerto pour violon de Sibelius, le jeune duo a eu l’honneur de mettre en scène cette œuvre philosophique, humaniste et hypnotique, datée de 1980. 

Satyagraha de Philip Glass – Teaser

Avec audace, ils la remettent au goût du jour sans en altérer l’émotion. Celle-ci atteint son paroxysme dès le début du premier acte : un soldat y est contraint d’exécuter l’un de ses compatriotes. La scène est lente, loin de tout misérabilisme, et nous laisse le temps de saisir l’importance et les conséquences de ce geste, souvent banalisé dans la pop culture.

Satyagraha de Philip Glass – Extrait

Ici, Philip Glass rend hommage Ă  LĂ©on TolstoĂŻ, avec qui Gandhi correspondait. C’est lui le vĂ©ritable hĂ©ros de cet OpĂ©ra, ou plutĂ´t sa pensĂ©e politique. Le deuxième acte est consacrĂ© au poète Rabindranath Tagore, qui l’a soutenu, et le troisième Ă  Martin Luther King, nourri par ses principes de non-violence. Signifiant « force de la vĂ©ritĂ© » en sanskrit, Satyagraha chantĂ© dans cette langue en Ă©nonce avec poĂ©sie quelques-unes — certes un peu clichĂ©s — mais que certains dirigeants ont tendance Ă  oublier, surtout en ce moment : dans une guerre, il n’y a pas de gagnant.

Satyagraha de Philip Glass – Extrait

Si Satyagraha met en lumière des personnalitĂ©s de l’histoire, ici en retrait, les vĂ©ritables personnages sont, eux, imaginaires. Ils illustrent simplement les notions de conflit, de doute, de dĂ©votion et de transformation, pour mieux s’attarder sur toute la philosophie de Gandhi. Pour l’appuyer, Bobbi Jene Smith et Or Schraiber ont imaginĂ© plusieurs tableaux forts et symboliques, d’une beautĂ© souvent bouleversante, Ă  l’instar de ce mur humain, Ă  la fin de l’acte 2, qui s’avance lentement mais sĂ»rement vers le public en chantant en chĹ“ur. Evidemment, ils ont Ă©galement intĂ©grĂ© Ă  leur version quelques ballets, qui pour les plus rĂ©ussis servent admirablement le propos. RĂ©pĂ©titif et envoĂ»tant, Satyagraha se rĂ©vèle, au cĹ“ur du Palais Garnier, telle une transe bienveillante dont on aimerait qu’elle ne s’arrĂŞte jamais !

Satyagraha de Philip Glass © Yonathan. Kellerman

Satyagraha Ă  L’OpĂ©ra de Paris jusqu’au 3 mai 2026 et visible sur les plateformes de France Musique et de Paris Opera Play.
Tous le casting sur le site officiel : https://www.operadeparis.fr/saison-25-26/opera/satyagraha