Henry Taylor, un peintre engagé au Musée Picasso-Paris

Après les expositions consacrées à Faith Ringgold (2023), Jackson Pollock (2024) ou Philip Guston (2025), le Musée national Picasso-Paris poursuit son exploration de la réception de Pablo Picasso sur la scène américaine en mettant en lumière l’œuvre engagée de Henry Taylor à travers Where Thoughts Provoke!.

 Henry Taylor, We Were Framed, 2014. Coll. Part. Photo Brian Forrest 
© Henry Taylor – Courtesy the artist and Hauser & Wirth

L’exposition Henry Taylor. Where Thoughts Provoke! a été conçue avec l’artiste lui-même. Le parcours se déploie sur deux étages et treize salles, et rassemble une centaine d’œuvres : peintures, sculptures et installations. Né en 1958 en Californie, il y explore la richesse et la complexité de l’expérience humaine. Symbole de liberté et de mouvement dans la culture américaine, la figure du cheval y est récurrente, mais rappelle aussi dans son travail des histoires plus troubles : celles de la conquête, du travail et de la contrainte.

Henry Taylor, My Brother Gene the former “Tunnel Rat”, 2010. Coll. Part. Genevieve Hanson Photo Licenced by Hauser & Wirth
© Henry Taylor – Courtesy the artist and Hauser & Wirth

Particulièrement engagé, Henry Taylor n’hésite pas à pointer son pinceau là où ça fait mal. Ainsi, dans My Brother Gene, the former “Tunnel Rat” (2010), il aborde les traumatismes persistants des soldats engagés dans la guerre du Vietnam, en particulier ceux de son frère. Dans The Times They Ain’t A-Changin’, Fast Enough! (2017), il s’inspire d’une vidéo tournée par Diamond Reynolds après que son compagnon, Philando Castile, a été mortellement touché par un policier lors d’un contrôle routier en 2016. Presque abstraite, la toile n’en reste pas moins poignante. De manière très frontale, il y dénonce la lenteur du changement face aux violences policières, comme en témoigne le titre emprunté à la chanson de Bob Dylan, The Times They Are A-Changin’.

Henry Taylor, Split, 2013. Coll. Part. Photo Sam Kahn
© Henry Taylor – Courtesy the artist and Hauser & Wirth 

Le long du parcours, se côtoient Jay-Z — dans un portrait — et Picasso, à travers Les Demoiselles d’Avignon que le peintre a revisité, affirmant ainsi son intérêt pour l’histoire de l’art, dans laquelle il s’inscrit sans aucun doute, comme le démontre cette exposition.

Exposition Henry Taylor. Where Thoughts Provoke! au Musée national Picasso-Paris jusqu’au 6 septembre 2026.