En ouvrant le placard de La Cage aux Folles, Olivier Py et Laurent Lafitte soufflent sur Paris un vent de liberté, pailletté et engagé. Réjouissant !

Après Les MisĂ©rables, confiĂ© Ă Ladislas Chollat, Olivier Py, directeur du Théâtre du Châtelet, adapte lui-mĂŞme un monument de la culture populaire française : La Cage aux Folles. Soit le music-hall engagĂ© de Broadway, inspirĂ© de la pièce culte mais plus consensuelle de Jean Poiret, créée au théâtre du Palais-Royal en 1973. Le compositeur et parolier amĂ©ricain, Jerry Herman, qui a connu son premier succès en 1964 grâce Ă Hello, Dolly !, s’en empare en 1983, avec la complicitĂ© d’Harvey Fierstein, auteur du livret et dĂ©fenseur des droits LGBTQI+.

Le metteur en scène Olivier Py a choisi de lui redonner du souffle dans la langue de Molière, en réécrivant le texte lui-même en français. Et ça fonctionne ! Un brin corrosives, les blagues fusent avec esprit, celui du cabaret. Contrairement à la pièce originale, une grande partie de la comédie musicale se déroule au cœur même de La Cage aux Folles, mythique institution tropézienne mais fantasmée. Zaza y fait sensation. Pour l’occasion, la reine vieillissante revêt les traits de Laurent Lafitte : d’une justesse incroyable, à tous points de vue. Le comédien est rejoint sur scène par Damien Bigourdan et Harold Simon (Marius dans Les Misérables), tous deux excellents, comme l’ensemble du casting, qui évolue au sein d’un décor grandiose.

Astucieux, celui-ci prend la forme, en son centre, d’un cube monumental qui tourne sur lui-même, dévoilant ainsi ses multiples facettes : la plage, le restaurant Chez Jacqueline, l’appartement d’Albin et Georges orné de nus masculins, et surtout les coulisses et la scène, avec son grand escalier rayonnant.
Mais au-delà des plumes et des paillettes, cette Cage aux Folles renferme une critique bienvenue et aborde certaines problématiques : la Manif pour tous ou encore le Sida, deux fléaux qui perdurent. À l’heure où les droits LGBTQI+ sont remis en cause partout dans le monde, La Cage aux Folles, dans cette version flamboyante, fait un bien fou.

La Cage aux Folles au Théâtre du Châtelet, Ă Paris, jusqu’au 10 janvier 2026.
