Après le très audacieux diptyque Naga, Flèche Love revient avec Guérison, un second album introspectif tout aussi flamboyant et sublime.
Après avoir écrit et chanté principalement en anglais, Flèche Love le fait désormais en français et en arabe, pour mieux renouer avec ses racines suisso-algériennes, auxquelles elle consacre son deuxième album Guérison : un chef-d’œuvre. Nul doute que l’artiste compte parmi les plus sous-estimés de sa génération par la critique. Trop audacieuse ? Trop fantasque ? Trop chamanique ? De talent pourtant, Amina Cadelli, de son vrai nom, n’en manque pas pour raconter ici son enfance « dysfonctionnelle » vécue à Genève mais empreinte de la culture amazigh de sa mère. Le long de ces douze nouveaux morceaux, les mots résonnent aussi en espagnol ou en darija, dialecte parlé dans tout le Maghreb et qui a rythmé sa jeunesse.
Ici des chœurs de gospel, là des chants sacrés algériens ou un Nay, cette flûte en roseau traditionnelle considérée comme le chant de l’âme… truffés aussi d’arrangements électro puissants, le disque regorge de sons inventifs qui servent à merveille l’émotion. Introspectif mais aussi universel, Guérison se révèle être un voyage musical fascinant, d’une richesse incroyable et rare, vers une liberté totale, mais il est aussi imprégné des excursions de l’artiste en Asie du sud-est, en Syrie ou en Équateur. Certes, cet opus ne répond pas aux critères de coolitude actuels mais il nous élève au-delà, nous faisant emprunter des chemins sensoriels et spirituels dont nous sortons grandis. Encore une fois, Flèche Love, aussi grâce à son vibrato puissant et poignant, vise en plein cœur et nous touche.


Guérison, le second album de Flèche Love
