đź’› – Balade picturale dans Les roches rouges du massif de l’EstĂ©rel

Ă€ travers l’exposition Les roches rouges – Éclosion artistique dans l’EstĂ©rel Ă  l’aube du XXe siècle, le musĂ©e des Beaux-Arts de Draguignan propose une instructive et sĂ©duisante immersion dans le massif de l’EstĂ©rel.

Vue de l’exposition Les roches rouges – Éclosion artistique dans l’EstĂ©rel Ă  l’aube du XXe siècle © Benoit Gaboriaud

Beaucoup peint mais peu traitĂ© par les historiens de l’art, le massif de l’EstĂ©rel retrouve sa superbe au musĂ©e des Beaux-Arts de Draguignan grâce Ă  l’exposition Les roches rouges – Éclosion artistique dans l’EstĂ©rel Ă  l’aube du XXe siècle. Bien documentĂ©, le parcours croise l’histoire de l’art avec des donnĂ©es relatives Ă  l’essor du tourisme et Ă  la gĂ©ologie, pour mieux mettre en lumière la diversitĂ© des regards artistiques portĂ©s sur ce site exceptionnel.

Ă€ la fin du XIXe siècle, l’EstĂ©rel s’impose progressivement comme un territoire Ă  explorer, portĂ© par l’essor des premiers guides touristiques qui lui sont consacrĂ©s, comme les Guides Joanne. L’ouverture de sentiers, de routes et de lignes ferroviaires facilite alors son accès, tandis qu’une cartographie de plus en plus prĂ©cise accompagne cette dĂ©couverte. Dans ce contexte, les artistes ne parcourent guère le massif au hasard. Ils s’inscrivent dans un rĂ©seau de sites dĂ©jĂ  identifiĂ©s et recommandĂ©s, qui orientent leurs dĂ©placements et nourrissent leur pratique de plein air. Il n’est donc pas rare de voir les mĂŞmes motifs — rochers, points de vue, paysages — rĂ©apparaĂ®tre d’un peintre Ă  l’autre, souvent en Ă©cho aux images diffusĂ©es par la littĂ©rature touristique.

Louis Valtat, Les Roches Rouges à Anthéor, 1901, huile sur toile, 60 x 80 cm, donation Adèle et George Besson (1963), Paris, Centre Pompidou, musée national d’art moderne, Centre de création industrielle, en dépôt à Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie, inv. DA.970.1.105 © Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie – Photographie C. Choffet.

Le Dramont, le Saint-Pilon, le cap Roux, la baie d’Agay, les rochers Gaupillat au Trayas… Le parcours en dĂ©voile de nombreux, immortalisĂ©s par Georges d’Espagnat, Albert Marquet, Armand Guillaumin, Henri-Edmond Cross, ClĂ©mentine Ballot ou encore Louis Valtat. OubliĂ©, bien qu’ayant participĂ© au Salon d’Automne de 1905, ce dernier bĂ©nĂ©ficie d’une pertinente revalorisation, avec onze toiles prĂ©sentĂ©es. Cet acte est d’autant mĂ©ritĂ© que sa peinture se rĂ©vèle d’une modernitĂ© surprenante. Globalement, l’exposition montre bien que ces peintres Ă©taient en avance sur leur temps, et surtout sur le Fauvisme, auquel certains auraient pu ĂŞtre associĂ©s avant l’heure, comme en tĂ©moigne le chef-d’œuvre de Georges d’Espagnat, Les rochers rouges (1901).

Georges d’Espagnat – Les rochers rouges, 1901, huile sur toile, 58,5 x 72 cm, collection particulière © Artcurial

Si la majeure partie de l’exposition est consacrĂ©e aux paysages, la dernière salle montre comment les artistes y ont intĂ©grĂ© la figure humaine, en l’y fondant totalement ou, au contraire, en jouant sur les contrastes, comme a pu le faire Jacques Majorelle dans Modèle sur les hauteurs d’Agay (1917). Ici, il semble issu d’une toile orientaliste.

Jacques Majorelle, Modèle sur les hauteurs d’Agay, 1917, huile sur toile, 65 x 81 cm, collection privĂ©e © Compagnie Marocaine des Ĺ’uvres et Objets d’Art

Exposition Les roches rouges – Éclosion artistique dans l’EstĂ©rel Ă  l’aube du XXe siècle, Ă  voir au musĂ©e des Beaux-Arts de Draguignan, jusqu’au 31 octobre 2026.

Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous. Bonne visite !