À travers l’exposition Les roches rouges – Éclosion artistique dans l’Estérel à l’aube du XXe siècle, le musée des Beaux-Arts de Draguignan propose une instructive et séduisante immersion dans le massif de l’Estérel.

Beaucoup peint mais peu traité par les historiens de l’art, le massif de l’Estérel retrouve sa superbe au musée des Beaux-Arts de Draguignan grâce à l’exposition Les roches rouges – Éclosion artistique dans l’Estérel à l’aube du XXe siècle. Bien documenté, le parcours croise l’histoire de l’art avec des données relatives à l’essor du tourisme et à la géologie, pour mieux mettre en lumière la diversité des regards artistiques portés sur ce site exceptionnel.
À la fin du XIXe siècle, l’Estérel s’impose progressivement comme un territoire à explorer, porté par l’essor des premiers guides touristiques qui lui sont consacrés, comme les Guides Joanne. L’ouverture de sentiers, de routes et de lignes ferroviaires facilite alors son accès, tandis qu’une cartographie de plus en plus précise accompagne cette découverte. Dans ce contexte, les artistes ne parcourent guère le massif au hasard. Ils s’inscrivent dans un réseau de sites déjà identifiés et recommandés, qui orientent leurs déplacements et nourrissent leur pratique de plein air. Il n’est donc pas rare de voir les mêmes motifs — rochers, points de vue, paysages — réapparaître d’un peintre à l’autre, souvent en écho aux images diffusées par la littérature touristique.

Le Dramont, le Saint-Pilon, le cap Roux, la baie d’Agay, les rochers Gaupillat au Trayas… Le parcours en dĂ©voile de nombreux, immortalisĂ©s par Georges d’Espagnat, Albert Marquet, Armand Guillaumin, Henri-Edmond Cross, ClĂ©mentine Ballot ou encore Louis Valtat. OubliĂ©, bien qu’ayant participĂ© au Salon d’Automne de 1905, ce dernier bĂ©nĂ©ficie d’une pertinente revalorisation, avec onze toiles prĂ©sentĂ©es. Cet acte est d’autant mĂ©ritĂ© que sa peinture se rĂ©vèle d’une modernitĂ© surprenante. Globalement, l’exposition montre bien que ces peintres Ă©taient en avance sur leur temps, et surtout sur le Fauvisme, auquel certains auraient pu ĂŞtre associĂ©s avant l’heure, comme en tĂ©moigne le chef-d’œuvre de Georges d’Espagnat, Les rochers rouges (1901).

Si la majeure partie de l’exposition est consacrée aux paysages, la dernière salle montre comment les artistes y ont intégré la figure humaine, en l’y fondant totalement ou, au contraire, en jouant sur les contrastes, comme a pu le faire Jacques Majorelle dans Modèle sur les hauteurs d’Agay (1917). Ici, il semble issu d’une toile orientaliste.

Exposition Les roches rouges – Éclosion artistique dans l’EstĂ©rel Ă l’aube du XXe siècle, Ă voir au musĂ©e des Beaux-Arts de Draguignan, jusqu’au 31 octobre 2026.
Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous. Bonne visite !











