đź’› – Ă€ l’OpĂ©ra de Paris, Simon Stone signe une Traviata moderne et poignante

Le réalisateur, scénariste et acteur australien Simon Stone, né en 1984 à Bâle (Suisse), dévoile à l’Opéra de Paris une version dans l’air du temps de La Traviata (reprise), portée par la soprano Pretty Yende.

La Traviata – Opera national de Paris © Ann Ray

Tout commence par des échanges sur smartphone : le ton est donné. Le metteur en scène Simon Stone resitue La Traviata à notre époque. Violetta Valéry devient une star des réseaux sociaux, profitant pleinement de sa notoriété, de soirées animées en bals costumés. Mais le destin frappe à sa porte, ou plutôt, ici, dans sa boîte mail. La jeune femme apprend qu’elle est atteinte d’un cancer.

LA TRAVIATA by Giuseppe Verdi « Stretta dell’introduzione »

Même si le terme remonte à l’Antiquité, cette maladie n’était pas encore véritablement nommée ainsi à l’époque de la création de La Traviata, le 6 mars 1853 à La Fenice de Venise. Pas davantage à l’époque d’Alexandre Dumas fils, lors de la publication de son roman à succès La Dame aux camélias en 1848, dont s’est inspiré Francesco Maria Piave pour écrire le livret de cet opéra en trois actes composé par Giuseppe Verdi.

Sans dénaturer l’œuvre, Simon Stone s’autorise quelques libertés scénographiques pour rendre ce classique plus actuel. Pour cela, il utilise des effets vidéo bien intégrés. La majeure partie de l’opéra se déroule sur une scène, circulaire et rotative, constituée de deux grands panneaux, qui servent à la fois d’écrans et de décors. S’y projettent des conversations sur smartphone, ponctuées d’emojis, mais aussi une campagne publicitaire pour un parfum dont Violetta Valéry est l’égérie.

LA TRAVIATA by Giuseppe Verdi « Addio del passato » (Aida Garifullina)

Alors qu’elle vient d’apprendre qu’elle est atteinte de cette maladie incurable, elle se retrouve face Ă  sa propre image, agrandie et idĂ©alisĂ©e, crĂ©ant un contraste saisissant. Cette scène Ă©voque la sĂ©quence d’ouverture mythique d’Opening Night de John Cassavetes, reprise par Pedro AlmodĂłvar dans Tout sur ma mère. Oui, cette Traviata a des accents de movida. Mais sous ses airs gentiment trash, brillent deux interprètes remarquables : Ludovic TĂ©zier en Giorgio Germont et surtout Pretty Yende en Violetta ValĂ©ry, dont la performance a suscitĂ© l’émotion, saluĂ©e par une standing ovation amplement mĂ©ritĂ©e.

La Traviata – Opera national de Paris © Ann Ray

La Traviata Ă  l’OpĂ©ra de Paris, jusqu’au 13 juillet 2026.
Tout le casting sur le site officiel : https://www.operadeparis.fr/saison-25-26/opera/la-traviata