Bobigny 1972, une mise en lumière nécessaire !

Dans un style un brin scolaire, Marie Bardiaux-Vaïente et Carole Maurel reviennent sur le procès de la loi contre l’avortement dans Bobigny 1972 : un récit poignant et nécessaire !

Alors que l’opinion publique commence à se fatiguer des problématiques liées à la sexualité des femmes, Bobigny 1972 tombe à point nommé et vient rappeler, en préambule, que rien n’est jamais acquis, avec ces mots de Simone de Beauvoir : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » 

Un peu classique dans son dessin et sa construction, ce récit se révèle pourtant au fil des pages, passionnant et poignant, car bien documenté et instructif. Tout commence en 1972. Pour tenter d’échapper à des poursuites pour vol de voiture et refus d’obtempérer, une raclure fait un deal avec la police et dénonce son ex-compagne : Marie-Claire Chevalier ! Violée par cette homme et enceinte de lui, elle s’est fait avorter comme elle a pu, clandestinement, mais soutenue par sa mère. Avocate de toutes les grandes causes féministes et antiracistes, Gisèle Halimi s’empare de l’affaire pour créer un électrochoc médiatique, public et sociétal, visant à faire tomber les lois anti-abortives qui sont généralement uniquement appliquées pour les femmes les plus modestes ! Avec poigne et réalisme, Marie Bardiaux-Vaïente et Carole Maurel remettent en lumière celles qui ont préparé le terrain pour la loi Veil, promulguée en 1975. Un édifiant plaidoyer pour la liberté !

Bobigny 1972 – Scénario : Marie Bardiaux-Vaïente – Dessin : Carole Maurel – Pages : 192 – Prix : 25,00 € – Editeur : Glénat