Pour sa nouvelle exposition, le Petit Palais propose à ses visiteurs de naviguer au cœur des ténèbres lumineuses de Ribera : un voyage saisissant !

Galerie Corsini, Gallerie Nazionali di Arte Antica, Rome.
© Gallerie Nazionali di Arte Antica, Barberini /Corsini Ministero della Cultura
Ici une femme à barbe qui donne le sein, là un Saint-Sébastien criblé de flèches, ou là encore un pied-bot, le monde que dépeint Ribera n’a rien de séduisant, mais fascine ! Le Petit Palais en donne un bel aperçu à travers son exposition Ribera (1591-1652), ténèbres et lumière. Il s’agit de la première rétrospective française jamais consacrée à l’artiste né en 1591 dans la province de Valence en Espagne, et mort en 1652, à Naples en Italie, où il était surnommé lo Spagnoletto (« l’Espagnolet »), en raison de sa petite taille. Son talent, lui, était immense, à la hauteur des maîtres baroques de son époque, comme en témoigne l’accrochage. Héritier du Caravage, il était considéré par ses contemporains comme « plus sombre et plus féroce » encore que le grand maître italien. À la vue des toiles exposées, nous ne pouvons que confirmer. Peuplées de morts, de vieillards, de mendiants, de Piéta ou d’êtres inquiétants plutôt repoussants, elles sont traversées par des éclaircies qui invitent le visiteur à se plonger dedans. D’une théâtralité exacerbée, mais assumée par l’artiste, elles se révèlent ici flamboyantes et d’une noirceur envoûtante !

Le parcours retrace pour la première fois l’ensemble de la carrière de Ribera : les intenses années romaines, redécouvertes depuis peu, et l’ambitieuse période napolitaine, à l’origine d’une ascension fulgurante. Ainsi, le Petit Palais hisse Ribera en porte-drapeau de la révolution caravagesque et en fait un des principaux artistes de l’âge baroque. Mérité !

Exposition Ribera (1591-1652), ténèbres et lumière, au Petit Palais, jusqu’au 23 février 2025.
Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !











