À La Villette, le metteur en scène et plasticien Théo Mercier ose ! Dans Skinless, l’artiste invite le spectateur au milieu d’une déchèterie à célébrer l’amour : une expérience immersive troublante !

Il est 20 h ! Une hôtesse nous invite à patienter le long d’une file, comme lors d’une embarcation dans un avion. Une fois les portes ouvertes, une mauvaise odeur surgit, mais bienveillante, elle nous invite à pénétrer dans un dédale de 90 tonnes d’ordures compressées, au cœur duquel trône un être troublant, mi-Apollon, mi-clochard ! Le corps sculpté, la bouche bavante, il suscite autant l’attirance que le dégoût, un sentiment ambigu qui perdure tout le long de cette performance immersive, poétique, charnelle et sensuelle ! Un peu plus loin, deux éphèbes surgissent de tas de carton. Revêtus d’une sorte de combinaison transparente couleur chair, comme une deuxième peau, ils se découvrent, s’aiment, se battent… sous le regard de la créature qui nous a accueilli : le maître des lieux ?

Peu importe ! Préoccupé par les questions environnementales et de production, Théo Mercier se soucie davantage de créer des ambiances que de raconter des histoires. L’environnement, cette décharge, plus qu’un décor en est toutefois le personnage principal, celui qui est au centre de sa réflexion. Partout où l’humain réside, subsistent des déchets qui lui permettent donc de le façonner sur place, sans avoir à le transporter. « Ce territoire dévasté est une sorte de compost amoureux du monde. Et si c’était de là que tout allait redémarrer ? Qu’est-ce qui pourrait naître des ruines du capitalisme ? », questionne-t-il ainsi !
Skinless de Théo Mercier, à La Villette jusqu’au 8 décembre 2025.
Conception et mise en scène : Théo Mercier. Scénographie : Théo Mercier, Florent Jacob et François Boulet. Collaboration artistique et dramaturgique : Florent Jacob. Collaboration chorégraphique : Anna Chirescu. Interprété et créé en collaboration avec Bruno Senune, Maxime Thébault et Aurélien Vieillard. Composition sonore : Pierre Desprats.
