La peinture plus cruelle que mignonne de Bruno Liljefors

Après deux expositions consacrées à Carl Larsson (2014) puis à Anders Zorn (2017), le Petit Palais met ses projecteurs sur Bruno Liljefors, avec l’exposition Bruno Liljefors, la Suède sauvage, et clôture ainsi sa programmation consacrée à l’illustre trio suédois « ABC », dont le nom est tiré de l’association des premières lettres de chacun de leur prénom. Une belle découverte !

Bruno Liljefors, La Suède sauvage

Moins connu que ses deux acolytes, Bruno Liljefors (1860-1939) n’en reste pas moins un des peintres animaliers les plus fascinants de l’histoire de la peinture. Au premier coup d’œil, mignonnes, ses toiles se révèlent à bien y regarder cruelles, à l’image de la nature. Inédite, cette exposition dévoile un ensemble de 100 œuvres (peintures, dessins et photographies), dont des compositions décoratives japonisantes, inspirées des harimaze et constituées de cadres dorés : d’une grande beauté ! Fin observateur, Liljefors capturait sur la toile, tel un photographe, des lièvres filant dans la neige, des familles de renards tapis dans les bois, des balbuzards pêcheurs aux sommets de pins maritimes, des eiders évoluant sur les eaux froides des archipels, des tétras paradant dans les forêts, mais aussi des chats en chasse au milieu de champs de fleurs sublimes. Ainsi, il réunit en un même plan toute la beauté et la cruauté de la nature, dans un style qui va de l’impressionnisme au figuratif. Impressionnant !

Bruno Liljefors, Paysage d’hiver aux bouvreuils pivoine, 1891. Huile sur toile, 40Å~50 cm. Collection priv.e.

Exposition Bruno Liljefors, la Suède sauvage au Petit Palais, à Paris, jusqu’au 16 février 2025.

Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !