Le Musée d’Orsay met en lumière la face collectionneur du peintre Paul Signac

Peintre autodidacte et pionnier du pointillisme aux côtés de Georges Seurat, Paul Signac était aussi un grand collectionneur d’art. Le Musée d’Orsay dévoile une grande et belle partie de ses acquisitions le temps de l’exposition « Signac collectionneur ». Incontournable !

Henri-Edmond Cross (1856 – 1910) – La Plage de Saint-Clair, 1901 – Huile sur toile 68 x 92 cm, collection particulière ©B. Gaboriaud

De Paul Cézanne à Kees van Dongen en passant par Vincent van Gogh et Henri-Edmond Cross, l’exposition « Signac collectionneur » réunit quelques chefs-d’œuvre et découvertes surprenantes. Issu d’une famille de commerçants aisés, sans être riches, Paul Signac commence à investir dans la peinture de manière réfléchie et passionnée. Sa première acquisition est  « La Plaine de Saint-Ouen-L’Aumône », un paysage de Paul Cézanne qu’il conservera toute sa vie. Son intérêt se porte essentiellement sur les œuvres de ses contemporains. Dés lors qu’il met le pied dans le monde de l’art, il en devient un acteur majeur. En 1884, il est membre fondateur du Salon des Artistes Indépendants dont il devient le président en 1908. Entre temps, il organise un grand nombre d’expositions et se lie d’amitié avec les artistes. Les échanges entre peintres et les cadeaux contribuent d’ailleurs largement à l’enrichissement de sa collection. Il reçoit notamment en 1889 « Deux Harengs » de Vincent van Gogh qu’il fréquente à Paris dès 1887. En parallèle, le collectionneur devient une figure de proue du néo-impressionnisme sous les yeux de son ami Félix Fénéon. Le jour où il est engagé par la célèbre galerie parisienne Bernheim-Jeune, le critique d’art devient son marchand. Désormais, Signac est incontournable, autant en tant qu’artiste que collectionneur. C’est ce que montre très bien l’exposition du musée d’Orsay qui fait se dialoguer des œuvres du peintre avec une partie de sa collection. 

Signac Collectionneur ©Sophie Crépy, musée d’Orsay

Avec quinze tableaux accrochés, l’artiste le plus représenté, en dehors du principal intéressé, est son collègue néo-impressionniste Henri-Edmond Cross (1856-1910). Parmi eux, « La Rivière de Saint-Clair » de 1908 dans lequel les minuscules points ont muté en touches plus larges et aux couleurs vives. Le tableau est placé juste à côte de « La plage de Saint-Clair » de 1901, ce qui permet de percevoir facilement l’évolution de la technique singulière du peintre. 

Signac Collectionneur ©Sophie Crépy, musée d’Orsay

Sensible à l’expressivité de la couleur, Signac s’intéresse aussi tout particulièrement au fauvisme et à ses meilleurs représentants tels que Matisse, Camoin et Valtat. De ce dernier, Signac acquiert deux toiles emblématiques de son travail, « Nu à la jarretière » et « Modjesko, Soprano Singer » qui se retrouve aujourd’hui sur l’affiche de cette exposition incontournable, à découvrir au musée d’Orsay jusqu’au 13 février 2022.

Signac Collectionneur au musée d’Orsay jusqu’au 13 février 2022.
Informations pratiques : http://www.musee-orsay.fr