Mélancolique, intimiste et engagé, Sukima (tome 1) raconte avant tout l’éveil politique d’une jeune femme taïwanaise, dans un style graphique d’une grande délicatesse.

Née en 1996 à Taïwan et fascinée très tôt par le Japon, Gao Yan dresse, dans Sukima (tome 1), le portrait de Yang Yang . Lors d’un échange universitaire au Japon, cette jeune étudiante en art en vient à s’interroger sur son identité. A l’heure du passage à l’âge adulte, marqué par le décès de sa grand-mère et le mal-être dû à une relation toxique, elle décide de s’aventurer sur l’île d’Okinawa, dont elle s’aperçoit qu’elle présente certaines similitudes avec la sienne : Taïwan. Toutes deux sont écrasées par leur puissant voisin. Si la première a été intégrée au Japon, la seconde continue de résister à la Chine continentale.

Le récit évolue ainsi de l’intime à l’universel. D’abord centré sur son entourage, il s’élargit au fil des pages : Yang Yang découvre le monde et ses mensonges, notamment ceux du régime taïwanais autour de l’incident du 28 février 1947 et de la Terreur blanche. Elle apprend qu’entre 18 000 et 28 000 opposants au Parti nationaliste chinois, fortement corrompu, ont été exécutés. À la fois récit d’apprentissage amoureux et politique, Sukima s’inscrit pleinement dans les préoccupations des nouvelles générations taïwanaises, en plein questionnement sur leurs racines.
Sukima, tome 1 – Scénario et dessin : Gao Yan – Pages : 256 – Prix : 14,50 € – Editeur : Casterman.



