Le troisième album de Rosalía est-il à l’image de son nouveau style, assez convenu ?

Notre titre peut vous paraître bien impertinent, mais nous n’allons pas tourner autour du pot, nous n’aimons pas la nouvelle image vulgaire et assez banale de Rosalía qui évoque trop le style Mugler des 90’s. Bien évidemment, nous n’espérions pas la voir revenir en costume de flamenco, d’autant qu’elle est originaire des environs de Barcelone et non d’Andalousie. Bref ! Cela n’a finalement pas beaucoup d’importance car la jeune espagnole n’est pas couturière mais musicienne, et dans ce domaine, elle excelle. Son troisièmes opus « Motomami » est un savant et explosif cocktail de reggaeton fiévreux, d’électro déstructuré et de flamenco traditionnel (le magnifique « Bulerías »).

Rosalía © DR

Bien qu’elle ne soit pas originaire d’Andalousie, Rosalía a le flamenco dans le sang. A 15 ans, elle l’étudie à l’École supérieure de musique de Catalogne. Aujourd’hui, il se retrouve une nouvelle fois dans sa musique. Ces rythmes exotiques mêlés à d’autres sons nettement plus contemporains lui ont permis de s’imposer sur la scène pop internationale, un peu à la manière de M.I.A. avec ses origines tamoule ou de Björk avec la terre islandaise. Rosalía a d’ailleurs, comme cette dernière, collaboré avec la productrice Arca et cela s’entend sur ce nouveau disque, notamment sur « CUUUUuuuuuute ». Pour l’occasion, l’artiste de 28 ans a légèrement changé sa recette en y apportant du reggaeton parfois limite underground : une évolution maîtrisée et bienvenue. Rosalía n’est pas la meilleure chanteuse du monde et encore moins de flamenco mais elle maîtrise le rythme, et ces ruptures, comme personne. A ce titre, « Motomami » est assurément un grand album qui se démarque des productions mainstream !

« Candy » extrait de « Motomami », le troisième album de Rosalía

Motomami, le troisième album de Rosalía