Petite grande, ou comment s’émanciper des traumas de l’enfance

Après Storyville (2023) dessiné par Loïc Verdier et abordant la question du plaisir féminin de manière libre et joyeuse, la scénariste Lauriane Chapeau revient avec Petite grande, un récit autobiographique cathartique et essentiel, fortifié par le trait libre, complice et juste de Violette Benilan ! 

Petite grande de Lauriane Chapeau et Violette Benilan © Glénat

Pourquoi si peu de victimes de violences sexuelles portent plainte juste après les faits ? Lauriane Chapeau y répond, à son niveau d’expérience, mais avec justesse ! À travers son récit cathartique, la scénariste pourrait bien libérer la parole. La sienne, elle a eu du mal à la prendre, à mettre des mots sur ce qui lui était arrivé, pire encore, à s’en souvenir. La faute à qui ? C’est bien de cette question que traite Petite Grande

Petite grande de Lauriane Chapeau et Violette Benilan © Glénat

À l’heure où l’on apprend à lire, Lauriane et ses camarades de CP ont appris à se taire. Jusqu’à ce que la vérité éclate et que sa petite sœur et ses camarades accusent leur maître d’école. Celui-ci fut reconnu coupable de violences sexuelles et condamné par la justice. Puis, c’est le trou noir, duquel surgit, en elle, une colère persistante, incalculable, incompréhensible… jusqu’à ce que le temps fasse son affaire et laisse entrevoir les traces du passé. Aujourd’hui professeur des écoles et mère, Lauriane Chapeau se livre, comme un devoir, sur son enfance, ses premiers amours, ses relations professionnelles… avec une maladresse touchante et un humour nécessaire, mais aussi bien armée pour briser les tabous. Ainsi, elle nous happe dès les premières cases et nous embarque sur le chemin d’une reconstruction possible. 

Petite grande. Scénario : Lauriane Chapeau – Dessin : Violette Benilan – Pages : 136 – Prix : 22€ – Editeur : Glénat.