L’exposition Pop Forever, Tom Wesselmann &… en quatre œuvres majeures !

Cet automne, la Fondation Louis Vuitton prend des couleurs et fait monter la température en mettant en lumière l’œuvre un brin érotique et flashy de Tom Wesselmann, un artiste Pop Art emblématique du mouvement, le temps de l’exposition Pop Forever, Tom Wesselmann &….

Vue d’installation de l’exposition Pop Forever, Tom Wesselmann &… © Adagp, Paris, 2024 Photo: © Fondation Louis Vuitton / Marc Domag

L’exposition Pop Forever, Tom Wesselmann &…, comme son nom l’indique, n’est pas une monographie. Elle redéfinit tout un pan du Pop Art sous le prisme du peintre décédé en 2004, un des plus dignes représentants du mouvement avec Roy Lichtenstein et Andy Warhol. Ainsi, dans cet accrochage monumental, 150 peintures et œuvres de divers matériaux de l’américain dialoguent avec 70 autres de 35 artistes de générations et nationalités différentes, partageant tous une sensibilité « Pop » et allant de ses racines dadaïstes à nos jours. Le parcours dévoile un grand nombre de nus féminins de Tom Wesselmann, comme une provocation face au male gaze, des chefs-d’œuvre iconiques, à l’instar de Flag (1958) de Jasper Johns, du Shot Sage Blue Marilyn (1964) d’Andy Warhol, de la sulfureuse Ice Cream (1964) d’Evelyne Axell ou encore du très, voire trop, vu Balloon Dog (1994-2000) de Jeff Koons, et d’autres moins connus et inattendus comme le triptyque emprunt de l’univers manga de Tomokazu Matsuyama, ou les récentes structures en métal de Tom Wesselmann, hommage à l’abstraction, mouvement auquel se sont pourtant opposés les artistes Pop dans les années 1950. Parmi eux, trois ont particulièrement retenu notre attention. 

Self-Obliteration (1966-1974) de Yayoi Kusama

Vue d’installation de l’exposition Pop Forever, Tom Wesselmann et … © Adagp, Paris, 2024 Photo: © Fondation Louis Vuitton / Marc Domag

Artiste japonaise, Yayoi Kusama arrive aux États-Unis en 1957 et expose, en 1962, à la Green Gallery à New York, aux côtés d’Andy Warhol et de Claes Oldenburg. Quelques mois plus tard, y seront montrés les fameux Great American Nudes de Wesselmann. Dans cette installation, l’artiste traite des hallucinations qui la hante et de son thème de prédilection : l’auto-effacement de l’être dans l’environnement contemporain, imagé par la représentation de points sur des corps. Une technique et une obsession qui traverseront toute son œuvre. 

Great american nude #44 (1964), de Tom Wesselmann (à droite)

Vue d’installation de l’exposition Pop Forever, Tom Wesselmann et … © Adagp, Paris, 2024 Photo: © Fondation Louis Vuitton / Marc Domag

Great American Nude #44 témoigne de la longue, très longue série de nus réalisée par Tom Wesselmann tout au long de sa carrière, ils sont autant d’hommages à la peinture de Matisse et Picasso, ou ici Renoir, qu’il admirait, qu’une provocation face au male gaze ! Ces modèles, sexe et poitrine fièrement exhibés, évoluent dans un environnement intime : la chambre, la salle de bain… façonnées en relief, à partir d’objets réels ou recrée, ici notamment une porte, un radiateur et un téléphone.

Japan safety eetrospective (2024), Silence wind flower believe (2022) et Serenity exhale protection (2024), de Tomokazu Matsuyama (à droite)

Vue d’installation de l’exposition Pop Forever, Tom Wesselmann et … © Adagp, Paris, 2024 Photo: © Fondation Louis Vuitton / Marc Domag

Né au Japon en 1976, Tomokazu Matsuyama passe son enfance entre son pays natal et la côte Ouest des États-Unis. Résolument Pop, cette œuvre montre sa manière de déborder du cadre spatial de la peinture, à la manière des shaped canvase innovants de Tom Wesselmann, ici selon des contours inspirés des formes irrégulières de la céramique japonaise.

States screen star (1999-2003), de Tom Wesselmann (à droite)

Vue d’installation de l’exposition Pop Forever, Tom Wesselmann et … © Adagp, Paris, 2024 Photo: © Fondation Louis Vuitton / Marc Domag

À la fin de sa vie, Tom Wesselmann rend hommage aux peintres emblématiques de l’abstraction, qu’il admirait étant étudiant et dont il avait choisi délibérément de s’éloigner. Dans cette structure en métal, il reproduit leurs gestes impulsifs sur la toile, notamment ceux de Röbert Motherwell, Franz Kline, et surtout Willem de Kooning.

Vue d’installation de l’exposition Pop Forever, Tom Wesselmann et … © Adagp, Paris, 2024 Photo: © Fondation Louis Vuitton / Marc Domag

Pop Forever, Tom Wesselmann &… à la Fondation Louis Vuitton jusqu’au 24 février 2025.