Chorégraphes du Théâtre du Corps, Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault s’aventurent Dans la solitude des champs de coton.

Faut-il encore revisiter Dans la solitude des champs de coton, cette pièce aussi complexe que mythique de Bernard-Marie Koltès ? Julien Derouault et Marie-Claude Pietragalla s’y sont risqués : verdict !

Théâtre du Corps / Pietragalla-Derouault | Coulisses de « Dans la solitude des champs de coton»

À la sortie du spectacle, le public murmurait à l’unisson : « Le texte est quand même difficile à suivre. » Et pourtant, c’est bien sur lui que repose la chorégraphie et la mise en scène signées Pietragalla et Derouault, portées par des lasers bien exploités. Ce dernier, en duo avec Dexter (Pierre Belleka), incarne avec fougue ce texte — il faut l’avouer — un brin alambiqué et daté.

Dans la solitude des champs de coton de Julien Derouault et Marie-Claude Pietragalla © Pascal Elliott

Dépourvu de tout jugement moral, Bernard-Marie Koltès y questionne la notion de désir et celle du commerce. Le ballet contemporain, imprégné de danses urbaines, s’ouvre sur des voix enregistrées avant de se prolonger par un jeu incarné avec poigne entre les deux interprètes, parfois un peu trop. Au fil du spectacle, ils se mettent à nu, au sens propre comme au figuré. Les corps exaltent à merveille dans un rapport de force aussi viril que sensuel. Si le texte nous échappe, l’énergie, elle, reste palpable de bout en bout.

Dans la solitude des champs de coton de Julien Derouault et Marie-Claude Pietragalla © Pascal Elliott

Dans la solitude des champs de coton de Julien Derouault et Marie-Claude Pietragalla, à La Villette, à Paris, jusqu’au 31 octobre 2025.