Mais qui est Leonora Carrington, exposée au musée du Luxembourg ?

Considérée comme l’une des plus importantes artistes féminines, au même titre que Frida Kahlo ou Remedios Varo, Leonora Carrington souffre paradoxalement d’un déficit de reconnaissance auprès du grand public. Le Musée du Luxembourg tente d’y remédier en lui consacrant une vaste exposition éponyme — bien vue !

Leonora Carrington Retrato del Dr. Urbano Barnés [Portrait du docteur Urbano Barnés] 1946 Tempera sur toile 57 x 49,5 cm. Collection particulière © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris © GrandPalaisRmnEditions

Rassemblant 126 œuvres, cette exposition — la première de cette envergure en France consacrée uniquement à l’œuvre de Leonora Carrington (1917-2011) — présente son travail artistique, bien sûr, mais vise également à mettre en lumière son univers esthétique et intellectuel, nullement lié au groupe de Bloomsbury. Eh oui ! À ne pas confondre avec la peintre anglaise Dora Carrington, à laquelle fut consacré un film à succès en 1995.

Leonora Carrington est elle aussi née sur le territoire britannique, à Clayton Green, dans le Lancashire, mais a principalement fait carrière au-delà : à Londres, à Paris, en Espagne — où elle est internée — et surtout au Mexique. Elle s’y installe durablement à la fin des années 1940, pour y devenir une véritable icône à partir des années 1960. Adolescente aventurière, elle découvre l’art classique italien à Florence et se passionne pour la Renaissance. Jeune adulte, elle rencontre Max Ernst (dont le travail est ici mis en dialogue avec le sien) à Londres, qu’elle suit à Paris avant la Seconde Guerre mondiale. Lee Miller les photographie alors qu’ils forment un couple influent, comme en témoignent les cimaises. Ernst la fait d’ailleurs entrer dans le cercle prisé des surréalistes, courant auquel elle sera associée en tant qu’écrivaine et peintre.

Vue de l’exposition Leonora Carrington – scénographie Véronique Dollfus © Didier Plowy pour GrandPalaisRmn, 2026

L’artiste multidisciplinaire se décrivait comme un « animal-humain-femelle » et défendait, dans son art, une harmonie fondée sur la fusion alchimique de l’humain et de l’animal, du masculin et du féminin. Ses toiles regorgent ainsi de métamorphoses, et de références ésotériques et mythologiques. Féministe et écologiste d’avant-garde, migrante, victime de la psychiatrie du XXe siècle et chercheuse spirituelle en constante évolution, Leonora Carrington laisse un héritage aussi extraordinaire que radical, à découvrir ici !

Vue de l’exposition Leonora Carrington – scénographie Véronique Dollfus © Didier Plowy pour GrandPalaisRmn, 2026

Exposition Leonora Carrington au musée du Luxembourg à Paris, jusqu’au 19 juillet 2026.