Dans La Chiâle, Claire Braud brosse le portrait d’une femme à fleur de peau, plongée dans les plus grandes atrocités de l’humanité, des attentats du 13 novembre 2015 au massacre de la population tamoule par le gouvernement du Sri Lanka en 2009 !

Alors que les réseaux sociaux font la promotion de la violence avec une insensibilité affligeante, Claire Braud prend le contrepied et, dans cet album haut en couleur, met en image Carilé, une jeune femme qui ne cesse de pleurer toute la misère du monde. Le ton est burlesque mais aussi politique. Le récit navigue entre intimité et faits historiques. De sa campagne natale en pleine mutation et ses problèmes familiaux, aux attentats de Paris et un génocide sur les côtes asiatiques, Carilé semble découvrir le monde, comme si elle était née de la dernière pluie, la source de toutes ses larmes qu’elle répand sur tout Paris, le temps d’une séquence fantasmagorique ! Le début du récit est un peu confus et le trait brouillon, évoquant celui de Reisner ou Claire Bretécher, mais au fil des pages, se précisent les raisons de cette hystérie graphique. Impuissante devant la cruauté du monde, Carilé, dont, il ne reste plus que les yeux pour pleurer, finit par nous toucher !
La Chiâle. Scénario et dessin : Claire Braud – Pages : 216 – Prix : 29,95 € – Editeur : Dupuis Collection Les Ondes Marcinelle.



