Iris Levasseur, un regard en mouvement au musée de Tessé, au Mans

Plasticienne française née à Paris en 1972, Iris Levasseur investit le musée de Tessé, au Mans, et y dévoile six chapitres de son travail, oscillant entre intimité et politique !

Amnésie FB, 2013.Aquarelle, fusain et mine graphite sur papier, 228 x 350 cm Centre National d’Art Moderne / Centre de Création Industrielle, © Iris Levasseur

Une histoire de l’art

ChorégraphieD’aprèsRebelleRefletsIntrospection et Métaphores du monde, six séquences chapitrent l’exposition Chorégraphies au musée de Tessé du Mans, consacrée à Iris Levasseur. « Il ne s’agit pas d’une rétrospective, mais davantage d’une ponctuation rétrospective, à travers le fil de l’histoire de l’art », précise Philippe Piguet, co-commissaire. L’artiste la revisite tout particulièrement dans la deuxième salle, en s’inspirant de notre patrimoine passé. Preuve en est avec Noé (2022) ou Reconstitution (2020), constitués de statues antiques, et D’après Holder (2012). 

D’après Holder, 2012. Pierre noire et aquarelle sur papier, 129 x 228 cm © Iris Levasseur

Une posture face au monde

Mais le parcours commence par des corps en mouvements : Chorégraphie. « Il ne s’agit pas de danse, mais plutôt d’une posture face au monde, de la manière dont nous sommes traversés par les événements intimes et politiques », souligne Iris Levasseur. Ici, se confrontent des travaux d’époques différentes. Ainsi, le modèle de bbp miroir (2014) fait face à son double d’Improvisation (2023), aquarelle réalisée neuf ans plus tard spécifiquement pour l’exposition. 

Improvisation, 2023. Aquarelle sur papier, 195 x 262 cm Collection de l’artiste, © Reproduction photographique Clément Szczuczynski

Des corps allongés

Au fil du parcours, qui rassemble petits et grands formats, toiles, aquarelles et dessins, plusieurs éléments se répètent, des jeux de miroirs ou des ceintures notamment. Mais, un motif tout particulier, à la fois inquiétant et doux, se dégage, celui d’un corps allongé, au repos, endormi, tourmenté ou souffrant ? 

Dans Intériorité, ces corps sont placés sur des piédestaux situés au cœur d’un paysage urbain hors du temps, comme en lévitation et déconnecté du monde, alors que dans Rebelle, ils apparaissent comme des victimes d’un monde violent et trouble. Certaines toiles accrochées ici, dont le chef-d’œuvre A la merci (2010), contiennent la puissance horrifique et le mystère d’un Francis Bacon (1909-1992), mais elles évoquent volontairement celles d’Otto Dix (1891-1969) et de Max Beckmann (1884-1950). Ces scènes cauchemardesques presque lynchiennes fascinent durablement et constituent le point culminant de ces Chorégraphies poétiques et engagées !

Tauromachie, 2009. Huile sur toile, 205 x 300 cm Collection particulière, © Iris Levasseur

Exposition Chorégraphies au musée de Tessé, Le Mans, jusqu’au 5 janvier 2025.

Pour en savoir plus sur l’exposition découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !