Paru en diptyque il y a quinze ans, Face Cachée — prix d’excellence aux International Manga Awards (Japon, 2011) — est réédité en intégrale : une belle occasion de se (re)plonger dans ce polar psychologique captivant.

En 300 pages, Face Cachée explore la vie des salarymen à Tokyo à travers le parcours de Satoshi Okada, cadre financier modèle, marié et père de famille, mais qui mène une double vie. Quand il ne passe pas ses nuits loin de chez lui dans un capsule hôtel, il entretient une liaison secrète avec Mayumi, une jeune secrétaire dont la vie personnelle est tout aussi perturbée. Mais Janichi, un collègue arriviste, vulgaire et toxique, s’intéresse lui aussi à la jeune femme et finit par deviner leur relation.

Ponctué de mystère et de sensualité, ce récit contemplatif et atmosphérique imaginé par Sylvain Runberg évoque autant la tension feutrée de Sueurs froides d’Alfred Hitchcock que la lenteur méditative de Jirō Taniguchi. Non-dits, frustrations, culpabilité et loyautés contradictoires nourrissent à merveille le suspense. Car au-delà d’un polar bien ficelé, Face Cachée parle surtout des tensions professionnelles, du poids des attentes familiales et de la solitude, offrant une vision à la fois documentée et subtile du Japon contemporain, magnifié par le trait sensible et expressif d’Olivier Martin.
Face Cachée – Scénario : Sylvain Runberg – Dessin : Olivier Martin – Pages : 304 – Prix : 20 € – Editeur : Futuropolis.



