Dans le cadre d’une saison-hommage estivale, le musée Fabre de Montpellier et le musée Paul Valéry de Sète s’associent pour remettre sur le devant de la scène l’artiste Jean Hugo, arrière-petit-fils de l’illustre écrivain. Une (re)découverte essentielle !

Aujourd’hui relativement méconnu et pourtant acteur majeur de l’Entre-deux-guerres, Jean Hugo bénéficie d’une belle mise en lumière à Montpellier et à Sète, une région que l’artiste connaissait bien pour y avoir vécu de longues années, notamment au mas de Fourques, à Lunel ! Le musée Fabre retrace la période de ses débuts jusqu’à la fin des années 1940, à travers l’exposition « Jean Hugo, le regard magique » qui permet d’embrasser la personnalité de l’artiste. Le musée Paul Valéry prend, lui, le relais chronologique pour essentiellement célébrer sa vision du paysage, dans « Jean Hugo, entre ciel et terre ».

©Musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole, photographie : Frédéric Jaulmes.
©Adagp, Paris, 2024.
La première exposition bénéficie d’un accrochage audacieux et pertinent. Les cinq chapitres de l’accrochage sont reliés en un seul point évoquant un œil, symbole du surréalisme, courant qu’a effleuré l’artiste. Tout au long du parcours, son travail est mis en regard de celui d’artistes qu’il a pu côtoyer ou avec lesquels il a travaillé, du Douanier Rousseau à Pablo Picasso, en passant par Félix Vallotton, Léopold Survage, Christian Bérard et Valentine Hugo, son épouse. Ensemble, ils formaient le couple phare de la scène artistique des années folles, les Zugos comme les surnommait Jean Cocteau, son ami !

Décorateur de théâtre pour Jean Cocteau (Le mythe d’Orphée), costumier pour le cinéma (La Passion de Jeanne d’Arc de Carl Dreyer), illustrateur pour Raymond Radiguet (Les Joues en feu)… toutes les facettes de l’artiste pluridisciplinaire y sont dévoilées. La plus marquante, celle de peintre. L’exposition dévoile quelques chefs-d’œuvre poétiques comme Cheval pie, Nathaniel sous le figuier ou L’orage réunit réunis autour de L’Imposteur. Acquise par le musée Fabre en 1998, cette toile majeure évoque, entre mille autres choses, ce moment fondateur de sa conversion religieuse. Tout d’abord, ses grands sujets picturaux tournent essentiellement autour des Métamorphoses et de la figure du Centaure pour s’orienter vers le paysage. Pour les admirer : direction le musée Paul Valéry qui en dévoile plus d’une centaine, ceux de l’Estérel à Calafell, de la Bretagne à la Grande-Bretagne, et ceux plus lointains issus de son imaginaire et répondant à une commande pour l’Exposition universelle de Montréal en 1967. Sur la fin du parcours, des affinités avec Matisse se dessinent. Au final, Jean Hugo apparaît ici comme un des plus grands coloristes de son temps !

Exposition Jean Hugo, le regard magique au musée Fabre, à Montpellier, jusqu’au 13 octobre 2024.
Exposition Jean Hugo, entre ciel et terre au musée Paul Valéry, à Sète, jusqu’au 13 octobre 2024.
Pour en savoir plus sur l’exposition découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !















