Pour sa première véritable exposition dans son nouvel écrin, après une présentation inaugurale, la Fondation Cartier pour l’art contemporain fait le pari d’une proposition à contre-courant des grandes expositions à succès. Avec « Ibrahim Mahama, Le Temps des récoltes », elle réunit neuf artistes autour du Ghanéen Ibrahim Mahama, dans un parcours aussi audacieux que passionnant. Focus sur trois d’entre eux !

Ibrahim Mahama
Né en 1987 à Tamale, au Ghana, Ibrahim Mahama est un artiste dont les installations, conçues à partir d’objets récupérés, de documents d’archives et de vestiges industriels, donnent une nouvelle lecture du patrimoine matériel. Depuis les années 2010, il consacre une part importante de sa pratique à l’étude des héritages coloniaux et postcoloniaux de son pays.

En revisitant l’histoire économique et industrielle du Ghana, il examine les échanges commerciaux, la circulation des marchandises, la transmission des savoir-faire et les enjeux liés à la sauvegarde du patrimoine. Ses œuvres révèlent ainsi les transformations et les persistances des structures politiques, sociales et économiques, tout en mettant en évidence le rôle des infrastructures, des mémoires matérielles et des expériences collectives.
Gideon Appah
Né en 1987 à Accra, au Ghana, Gideon Appah est un peintre formé à la KNUST qui nourrit son travail des archives visuelles ghanéennes, notamment des publicités et des journaux publiés entre les années 1950 et 1980. À partir de ces sources, il compose des scènes empreintes de rêve, où des personnages imaginaires côtoient des références à l’histoire du pays.

Réunissant près de trente œuvres, dont une création conçue spécialement pour la Fondation Cartier, cette exposition constitue la première présentation d’une telle ampleur consacrée à l’artiste en Europe.
Zohra Opoku
Installée à Accra, l’artiste germano-ghanéenne Zohra Opoku, née en 1976 à Altdöbern, en ex-Allemagne de l’Est, d’une mère allemande et d’un père ghanéen, explore les liens entre identité individuelle et environnements politique, historique, culturel et social. Sa pratique repose notamment sur la sérigraphie appliquée au textile, avec une attention particulière portée aux étoffes et aux traditions vestimentaires du Ghana.

À partir de photographies issues de ses archives personnelles, elle imprime des images sur des tissus anciens qu’elle teint, brode et assemble pour créer des œuvres singulières. L’exposition réunit des créations de différentes périodes, anciennes comme récentes, qui investissent les espaces de la Fondation Cartier.
Exposition « Ibrahim Mahama, Le Temps des rĂ©coltes » Ă la Fondation Louis Vuitton, jusqu’au 28 fĂ©vrier 2027.
Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous. Bonne visite !

























