Après Immonde ! (2022) et Les Contes de la mansarde (2024), cosignés avec Iris Pouy, Elizabeth Holleville revient avec Hysteria, un récit féministe empreint d’épouvante, qui s’inscrit dans la lignée des bandes dessinées de Charles Burns et des films d’horreur des années 1970.

Partenaires de crime, ou plutôt de films d’horreur, Garance et Caro font la paire. La première nourrit ses scénarios de ses rêves, que Caro met en scène. Mais, après une rupture, Garance, trentenaire un peu paumée, quitte Paris pour se réfugier à La Roselière, le manoir décrépit de ses grands-parents. Qui dit manoir dit… Elizabeth Holleville s’amuse à convoquer tous les clichés du genre pour mieux nous surprendre.

Lors d’un baptême, la scénariste rencontre ses cousines et découvre que toutes les femmes de la famille portent un prénom commençant par un G et qu’un arbre a été planté en mémoire de chacune des défuntes. Mais ces mystères ne sont, pour l’autrice, qu’un prétexte pour aborder la question de la maternité. « On tolère les femmes sans enfants, on ne les accepte pas réellement », disait la sociologue Charlotte Debest. C’est bien là le cœur du sujet de cette BD fourmillant de trouvailles graphiques et scénaristiques : l’emprise familiale qui vire à l’aliénation !
Hysteria – Scénario et dessin : Elizabeth Holleville – Pages : 256 – Prix 25 € – Editeur : Glénat.



