Après avoir adapté avec succès La Route (2024), chef-d’œuvre de Cormac McCarthy, puis renoué avec l’humour dans Palmer dans le rouge (2025), d’après un scénario inachevé de René Pétillon, Manu Larcenet change radicalement de registre avec L’Insensé. Dans cet album intime et profondément poétique, l’auteur explore avec sensibilité des thèmes forts comme la vieillesse et la santé mentale.

Changement de cap ! Manu Larcenet se renouvelle autant sur la forme que sur le fond. Après la science-fiction et la comédie policière, l’auteur s’essaie avec brio au récit intime, qui fait écho à sa vie personnelle, notamment à sa bipolarité. Vieux dessinateur solitaire, Francis vit seul dans une maison reculée, jouissant du calme et, la nuit, de l’obscurité, jusqu’au jour où la mairie installe devant chez lui un lampadaire. Son quotidien s’en trouve chamboulé.

Tous les mercredis, il reçoit la visite d’un jeune écolier qui vient lui quémander un dessin de chat. Un adolescent en lequel il se reconnaît, car, comme lui, il souffre de troubles psychiques, mais se découvre également une tumeur au cerveau. Épaulé par son ami Yannick, qui lui conseille de renouer avec ses enfants, Francis se met alors à leur écrire une lettre, qui devient le fil conducteur de ce récit poignant, mais teinté de poésie et d’humour, notamment grâce à quelques clins d’œil à Bip Bip et Coyote. Résolument crépusculaire, L’Insensé n’en reste pas moins plein de vie.
L’Insensé – Scénario et dessin : Manu Larcenet – Pages : 176 – Prix : 27 € – Editeur : Dargaud.



