La nouvelle création d’Angelin Preljocaj tombe à point nommé. Véritable ode aux révoltes, de Mai 68 à celle des Téhéranais, Soulèvement fait désormais forcément écho à celle que mènent actuellement les lycéens.

Hasard du calendrier, Angelin Preljocaj présente à Paris sa nouvelle création, Soulèvement, en pleine période d’émeutes. Cette pièce fait écho aux révoltes contemporaines, pacifistes ou non, ayant marqué l’actualité de ces dernières décennies. Il y est évidemment question de Mai 68 et de violences policières, à travers une succession de tableaux inégaux, mais dont certains frappent par la force des images qu’ils déploient. Ainsi, ce geste d’un genou appuyé sur le cou d’une danseuse à terre rappelle la mort de George Floyd, tué par un policier lors de son arrestation aux États-Unis, en mai 2020.

Le ballet procède davantage par évocations poétiques que par illustrations directes, mais plusieurs scènes renvoient à des événements bien réels, et pas uniquement violents. Un tableau peace and love apporte notamment une respiration bienvenue. Porté par la musique d’Irène Drésel, ce Soulèvement manque toutefois parfois de rage pour émouvoir pleinement. Il séduit néanmoins par son énergie, la précision de son écriture chorégraphique et sa capacité à faire surgir, au-delà de la colère, un élan collectif porteur d’espoir.

Soulèvement d’Angelin Preljocaj au Théâtre de la ville de Paris, jusqu’au 7 novembre 2026.
