Beau comme tu changes de Joseph Kaï, les vertiges de l’identité

Après L’Intranquille (2021), Joseph Kaï revient avec Beau comme tu changes, un roman graphique sur l’exil, le désir et les métamorphoses de l’intime, ses thèmes de prédilection traités une nouvelle fois avec subtilité et délicatesse !

Avec Beau comme tu changes, Joseph Kaï poursuit son exploration de l’intime, là où les identités se cherchent, les désirs se déplacent et les certitudes vacillent. L’auteur libanais met en scène Nour, jeune artiste exilé à Paris, comme lui. Alors qu’il forme avec Sol un couple en apparence parfait, il rencontre Laurent au cours d’une soirée. Troublant, ce dernier vient bousculer son équilibre amoureux et raviver ses interrogations sur le corps, la masculinité et les contours du couple. Fidèle à son univers, Joseph Kaï privilégie une narration introspective, attentive aux hésitations et aux contradictions de ses personnages.

Son dessin, porté par une palette chromatique vibrante, mêlant teintes chaudes, mauves et éclats fluorescents, traduit cette instabilité émotionnelle et donne à l’ensemble une dimension presque onirique. L’album convainc par sa liberté de ton et sa manière de représenter des identités et des relations qui échappent aux clichés. Plus qu’un récit sur l’exil ou le désir, Beau comme tu changes dessine ainsi une cartographie sensible de l’entre-deux, cet espace inconfortable mais fécond où l’on apprend à se réinventer !

Beau comme tu changes – Scénario et dessin : Joseph Kaï – Pages : 240 – Prix : 25,95 € – Editeur : Casterman.