Qu’est-ce que le whistlérisme ?

Le musée des Beaux-Arts de Rouen met en lumière le whistlérisme, le temps de l’exposition Whistler, L’effet papillon.

James Abbott McNeill Whistler – Note in Red : The Siesta, 1884
Terra Foundation for American Art, Daniel J. Terra Collection, 1999.149

Dans le cadre de la cinquième édition du Festival Normandie Impressionniste 2024, le musée des Beaux-Arts de Rouen fait un pas de côté en consacrant une large exposition à un peintre qui n’en n’était pas véritablement un : James Abbott McNeill Whistler  (1834-1903) ! Né à Lowell, dans le Massachusetts, au nord-est des États-Unis, le dandy entouré de scandales a cependant créé peut-être malgré lui un mouvement ou une tendance : le whistlérisme. L’institution nous en convainc le long de son parcours Whistler, L’effet papillon, même si l’accrochage contient finalement assez peu d’œuvres du peintre mais davantage d’éléments qui viennent étayer son argumentaire. 

Entre 1874 et 1914, la critique se passionne pour Whistler qui a vécu principalement entre Paris et Londres. Le whistlérisme connaît son apogée. La première salle montre que ses contemporains sont particulièrement influencés à cette époque par son travail, notamment par ses portraits et plus particulièrement par Red and Black : The Fan (1889-1896). Laissant son atelier ouvert à un grand nombre d’artistes, il est fort probable que certains s’en soient inspirés bien avant la première exposition de la toile en 1903. 

Whistler James Abbott Mac Neil, 1804-1881 – Arrangement en gris et noir n° 1, ou la mère de l’artiste , 1871
Paris, musée d’Orsay © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Jean Schormans

Prêt du musée d’Orsay, Arrangement en gris et noir n°1 fait office de Joconde de l’exposition qui rassemble aussi quelques rares toiles majeurs comme Symphonie en blanc n° 2 : La Petite Fille blanche (1864). Quant au grand format iconique que les américains nous envient, il est le portrait de la mère de l’artiste qui s’était presque désintéressé du sujet pour se concentrer essentiellement sur la composition et les harmonies. Cette démarche évoque son intérêt pour l’estampe japonaise. En effet, l’accrochage montre qu’il était un des tout premiers artistes à s’intéresser à l’art japonais, particulièrement les porcelaines qu’il collectionnait avec passion, mais il admirait aussi les maîtres anciens, notamment Vélasquez. A son tour, il a influencé les jeunes générations qui s’orientaient vers l’abstraction. Le critique français Pierre Schneider écrira même : « Si Monet était le père de l’abstraction lyrique, alors Whistler était assurément sa mère ».

Whistler, James Abbott McNeill – Symphony in White, No. 2: The Little White Girl ,1864 
© Tate Britain

Exposition Whistler, L’effet papillon musée des Beaux-Arts de Rouen jusqu’au 22 septembre 2024.