Artiste à contre-courant du marché de l’art contemporain, Philippe Perrot a très peu produit : environ 130 toiles et autant de dessins sur l’ensemble de sa carrière. Grâce à un généreux don, six de ses œuvres sont entrées en 2019 dans les collections du MAM, où elles sont présentées dans une salle du musée, au milieu de quelques prêts provenant de collections particulières. Une (re)découverte fascinante d’une peinture alliant violence et naïveté !

Né en 1967 et élevé en banlieue parisienne, Philippe Perrot se plonge dès l’adolescence dans la littérature française d’après-guerre, notamment celle d’Antonin Artaud, puis il développe une passion pour Pier Paolo Pasolini ainsi que la Nouvelle Vague italienne. Cette fascination le conduit à s’inscrire en école de cinéma, où il réalise de courtes vidéos explorant l’univers familial et les blessures de son enfance. Dans les années 1990, il abandonne cette voie pour se consacrer entièrement à la peinture, en autodidacte.

Peintes à l’huile sur des toiles préparées avec un pigment jaune ocre et composées de touches évoquant des désinfectants pharmaceutiques comme la bétadine ou l’éosine, les œuvres de Perrot se distinguent par la superposition de multiples micro-récits au sein d’une même composition. Ils mêlent hallucinations quotidiennes, secrets familiaux enfouis et éléments burlesques empruntés à l’univers du dessin animé, telle une « mauvaise blague », selon les mots mêmes de l’artiste. Il invite le spectateur à se forger sa propre interprétation, et emporte toutes les clés de compréhension dans sa tombe, à l’âge de 48 ans. Mais, il laisse derrière lui une œuvre cauchemardesque, fascinante et particulièrement expressive !
Exposition Philippe Perrot au Musée d’Art Moderne de Paris, jusqu’au 2 novembre 2025.
Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !







