đź’› – Kerry James Marshall au cĹ“ur de l’histoire

Le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris accueille la plus grande rétrospective jamais consacrée en Europe à Kerry James Marshall (né en 1955 à Birmingham, Alabama, États-Unis), figure majeure de la peinture afro-américaine.

Kerry James Marshall – Slow Dance, 1992–93. Technique mixte et acrylique sur toile libre avec oeillets mĂ©talliques, 191.1 x 188.6 cm. David et Alfred Smart Museum of Art, l’universitĂ© de Chicago, acquis grâce au Smart Family Foundation Fund for Contemporary Art et aux fonds octroyĂ©s par le Paul and Miriam Kirkley Fund for Acquisition © Kerry James Marshall. Photo © 2025 courtesy The David and Alfred Smart Museum of Art, The University of Chicago

Après être passée par la Royal Academy of Arts de Londres et le Kunsthaus de Zurich, l’exposition The Histories termine sa course au MAM, à Paris. Elle fait parfaitement écho à la volonté de l’artiste d’inscrire son travail dans la peinture d’histoire, dans la continuité de celle de Giotto et de Géricault, mais en y incorporant la figure noire. Il la rend notamment visible dans ses premières toiles à la portée symbolique forte : The Invisible Man (1986) et The Wonderful One (1986). Ici, ses personnages se démarquent paradoxalement par le blanc des yeux et des dents, des clichés racistes.

Kerry James Marshall – Invisible Man, 1986. Acrylique sur toile et sur bois, 127.3 x 95.6 cm. Collection Liz et Eric Lefkofsky © Kerry James Marshall. Courtesy de l’artiste et David Zwirner, London. Photo : Jack Hems

Le parcours s’articule autour de onze thématiques qui balaient toute l’étendue de son travail, de ses représentations du Passage du Milieu au projet Rythm Mastr, série de bandes dessinées initiée en 1999 et toujours en cours, en passant par ses portraits d’esclaves rebelles ou d’abolitionnistes, ses intérieurs de foyers de la classe moyenne étonnamment pailletés, ou encore ses œuvres WAKE et Gulf Stream, présentées à la Biennale de Venise en 2003.

Kerry James Marshall – De Style, 1993. Acrylique et collage sur toile libre avec oeillets mĂ©talliques, 264.2 x 309.9 cm. Los Angeles. County Museum of Art, acquis grâce aux fonds octroyĂ©s par Ruth et Jacob Bloom © Kerry James Marshall. Photo © Museum Associates/LACMA

Mais ses tableaux les plus mĂ©morables restent ceux flamboyants consacrĂ©s Ă  la vie quotidienne, pleins de vitalitĂ© : des enfants qui jouent, des amoureux qui dansent, des familles qui profitent d’une journĂ©e au parc. Issue de cette sĂ©rie, De Style (1993), qui dĂ©peint un groupe d’hommes noirs dans un salon de coiffure, est d’ailleurs la première Ĺ“uvre de Marshall Ă  entrer dans les collections d’un musĂ©e. Elle a Ă©tĂ© acquise par le Los Angeles County Museum of Art grâce aux fonds octroyĂ©s par Ruth et Jacob Bloom. Au total, le parcours dĂ©voile soixante-dix Ĺ“uvres, dont huit peintures inĂ©dites rĂ©alisĂ©es spĂ©cialement pour l’exposition, qui permet Ă  Marshall d’entrer dans l’histoire de l’art !

Kerry James Marshall – Past Times, 1997. Acrylique et collage sur toile libre avec oeillets mĂ©talliques, 287.7 x 408.9 cm. Collection particulière, courtesy Gagosian © Kerry James Marshall. Courtesy de l’artiste et David Zwirner, London. Photo : Jack Hems

Exposition Kerry James Marshall The Histories* au MAM, Ă  Paris, jusqu’au 24 janvier 2027.