Il était temps ! Pour sa dernière exposition avant fermeture pour cinq ans de travaux, le Centre Pompidou retrace, à travers l’exposition Paris noir, la présence et l’influence des artistes noirs en France entre les années 1950 et 2000. Parmi eux : Beauford Delaney, la révélation de ce parcours foisonnant d’œuvres hétérogènes !

L’exposition Paris noir, sous-titrée Circulations artistiques et luttes anticoloniales 1950 – 2000, plonge le visiteur dans un Paris cosmopolite, lieu de résistance et de création, peuplé d’artistes peu connus ou oubliés. Le parcours met l’accent sur l’œuvre de Beauford Delaney qui apparaît à plusieurs reprises, tel un fil rouge, ou jaune éclatant plutôt, visiblement sa couleur de prédilection.

Une évidence
En 1953, Beauford Delaney arrive à Paris à l’instigation de son ami James Baldwin, qui avait fui le racisme trop virulent aux États-Unis à cette époque. Il en fera le portrait à maintes reprises, dont un particulièrement coloré, présenté dans la première salle. Face à lui, on en vient à se demander pourquoi ce peintre n’a jamais eu droit à une rétrospective d’envergure, ici même ! En dévoilant une belle poignée de son travail, essentiellement des portraits, le Centre Pompidou lui rend justice.

Le Monogold
Né à Knoxville (Tennessee), en 1901, d’un père pasteur méthodiste, l’homme restera imprégné toute sa vie d’une éducation religieuse. Il commence sa carrière en croquant le portrait de gens du spectacle à New York, à la fin des années 1920. Fortement influencé par les post-impressionnistes, il se met à la peinture, pour s’en détacher ensuite et se rapprocher de la façon de peindre de Van Gogh avec singularité, en jouant sur les effets de matière. Pour s’en rapprocher davantage, en autres, il débarque à Paris en 1953, puis il part à la découverte du continent, de Vienne à Athènes en passant par Madrid et Venise, y trouvant à chaque fois l’inspiration de nouvelles toiles éclatantes de couleurs. À partir de 1960, à la manière d’Yves Klein, il jète son dévolu sur le jaune et présente son premier Monogold, un brin abstrait, avant de s’orienter vers un figuratif quasi monochrome.

Comme son maître à penser, probablement atteint de la maladie d’Alzheimer, il est interné dans un hôpital psychiatrique, celui de Sainte-Anne, à Paris, où il meurt, à l’âge de 77 ans, laissant derrière lui une œuvre fascinante que l’on (re)découvre ici avec émerveillement !
Exposition Paris noir au Centre Pompidou jusqu’au 30 juin 2025.
Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !

















