Le dernier debout, le portrait nerveux d’un champion hors norme !

Dans Le dernier debout, Jack Johnson, fils d’esclaves et champion du monde, Adrian Matejka et Youssef Daoudi mettent en lumière, avec poigne, le célèbre boxeur noir qui divisa l’Amérique dans la première moitié du XXe siècle, mais aujourd’hui un brin oublié. Fascinant et terrifiant !

Le dernier debout, Jack Johnson, fils d’esclaves et champion du monde de Adrian Matejka et Youssef Daoudi © Futuropolis

En 1910, à Reno, Jack Johnson affronte sur le ring la légende Jim Jeffries, pour conforter son titre de champion du monde poids lourds, jusqu’alors réservé aux blancs ! À travers ce « combat du siècle », celui des suprémacistes blancs contre les noirs, les auteurs racontent l’ascension brutale et la chute par KO d’un héros de l’histoire des Etats-Unis. Dans un style graphique vif et nerveux, ils brossent le portrait sans concession d’un homme arrogant, frimeur, macho, manipulateur… mais nécessaire. A cette époque, la guerre de Sécession est encore dans toutes les mémoires, le Ku Klux Klan renait de ses cendres et la presse défend le « grand espoir blanc ». Bref, le vent ne lui est pas favorable ! Mais, il redouble d’efforts et compte bien redorer le blason de la communauté afro-américaine. Mieux, il bouleverse un temps l’histoire… avant que les politiciens ne s’en mêlent ! De la Color Line aux victoires glorifiantes, en passant par son inculpation pour violation de la loi Mann, en raison de sa relation avec sa petite amie blanche, et sa fuite en France pendant la Première Guerre mondiale, Le dernier debout replace le champion à la vie romanesque dans les tourments de l’histoire, mais non sans quelques inexactitudes scénaristiques volontaires ! Un brin dommage, mais le message humaniste est passé !

Le dernier debout, Jack Johnson, fils d’esclaves et champion du monde – Scénario : Adrian Matejka – Dessin : Youssef Daoudi – Pages : 320 – Prix : 30€ – Editeur : Futuropolis.