Après Ihsane de Sidi Larbi Cherkaoui, le Ballet du Grand Théâtre de Genève (dirigé par le chorégraphe) dévoile au Théâtre du Châtelet Boléro, Busk et Strong, ballets imaginés respectivement par Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet, Aszure Barton et enfin Sharon Eyal : beau programme !

Après la mythique version de Maurice Béjart, puis celle d’Angelin Preljocaj, Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet s’emparent du Boléro de Ravel en 2013, mais s’affranchissent du principe du cercle. En jouant sur des effets de miroir et de lumière, évoquant la neige cathodique, le duo de chorégraphes belges en livrent une version singulière : une danse macabre, un brin fouillis mais poétique, interprétée par onze danseurs et danseuses. À l’époque, ils avaient enflammé l’Opéra de Paris, aujourd’hui, au tour du Châtelet.

Conçue en 2009 au Lobero Theatre de Santa Barbara par Aszure Barton & Artists, Busk est une des œuvres les plus anciennes de la chorégraphe canadienne, moins connue chez nous. En anglais, To Busk signifie se produire dans la rue pour collecter de l’argent et ce ballet rend hommage à cette démarche, en passant du mime au hip-hop. Aszure Barton les revisitent en leur insufflant un peu de grâce.

Enfin, Strong a été imaginé en 2019 par Sharon Eyal sur une musique, comme d’habitude, de Ori Lichtik. Ce n’est pas sa meilleure pièce, mais sa patte y est reconnaissable : une lumière faible, des corps élancés sur des pointes, des codes de la danse classique comme des arabesques, des groupes et des éléments qui s’en détachent en se tordant, en se courbant, et en se contractant, comme possédés par une force irrépressible. Un beau final !
Boléro, Busk et Strong par le Ballet du Grand Théâtre de Genève au Théâtre du Châtelet du 10 au 13 avril 2025.
