La route crépusculaire de Manu Larcenet, d’après Cormac McCarthy

Après Blast et Le Rapport de Brodeck (d’après Philippe Claudel), Larcenet adapte La route, le roman post-apocalyptique à succès de Cormac McCarthy, écoulé à plus de 800 000 exemplaires.

La route de Manu Larcenet © Dargaud

Couronnée par le prix Pulitzer en 2007 et adaptée au cinéma en 2009 par John Hillcoat, La Route, Signée Cormac McCarthy qui est décédé en 2023, est désormais une œuvre culte. En l’adaptant en bande dessinée, Manu Larcenet se l’est appropriée sans la dénaturer. Il y a apporté son univers et son trait sombre, voire macabre. Dans un monde post-apocalyptique recouvert de cendre et peuplé de cadavres, un père et son fils errent sur la route, poussant un caddie comme leur maison, vers un avenir meilleur. Enfin, c’est ce que le père veut bien faire croire à son fils, histoire qu’ils se rattachent tous deux à la vie ! Ici, encore plus qu’ailleurs, c’est bien le voyage, source d’espoir, plus que la destination qui compte. Dans cette adaptation : peu de dialogues. Manu Larcenet a fait le choix de laisser parler les images. Les siennes austères et horribles sont aussi puissantes et poignantes. Résolument âpre et pessimiste, sa version crépusculaire ne laisse aucune place à la magie et reste ancrée sur cette Terre déshumanisée, ce qui en fait sa force !

La route – Scénario et dessin : Manu Larcenet – Pages : 160 – Prix : 28,50 € – Editeur : Dargaud