Après Sous les bouclettes (2018), Mélaka adapte en BD la trilogie autobiographique de sa mère Gudule avec La Rose et l’Olivier : un récit poignant sur l’émancipation d’une mère-fille exilée au Liban.

Paru en 2018, Sous les bouclettes retraçait avec tendresse et dérision la maladie de sa maman, Anne Liger-Belair, alias Gudule (née en 1945 et décédée en 2015), jusqu’à sa mort. Dans La Rose et l’Olivier, Mélaka reprend ce même ton doux-amer pour raconter, cette fois-ci, le long chemin de croix de sa mère vers l’indépendance.

À 17 ans, à Bruxelles, Rose Vermeer, complexée par un physique qu’elle juge ingrat, tombe sous l’emprise de Polochon, un cinquantenaire débonnaire. Il la met enceinte sans jamais assumer. D’autant qu’à cette époque, la majorité est fixée à 21 ans. Rose se retrouve dans une situation inextricable. Malgré le rejet, elle continue de l’aimer, au grand désarroi de ses parents, qui, après bien des humiliations, décident de l’envoyer au Liban pour « se refaire une santé ». Trop libre dans un pays conservateur, elle affronte un choc des cultures, mais finit par y trouver l’amour : un amour entaché, une fois encore, de déceptions, comme si la fatalité s’acharnait.

Malgré les épreuves, le ton est léger, le trait simple mais expressif. Dans la lignée de Persepolis de Marjane Satrapi, La rose et l’olivier (320 pages) se lit d’une traite, et s’impose comme un bouleversant hommage autant qu’un portrait intime : celui d’une femme avide de liberté mais sans cesse tiraillée par les hommes.
La rose et l’olivier – Scénario et dessin : Mélaka – Pages : 320 – Prix : 25,50 € – Editeur : Delcourt/Encrage



