Cinq duos d’actrices investissent le Théâtre de l’Atelier, à Paris, pour s’emparer du texte de Cynthia Fleury, La fin du courage.

« Il n’y a pas de courage politique sans courage moral, et la philosophie permet de fonder une théorie du courage qui articule l’individuel et le collectif. Car si l’homme courageux est toujours solitaire, l’éthique collective du courage est seule durable », écrit Cynthia Fleury. Voilà qui donne un avant-goût de La fin du courage, la pièce mise en scène par Jacques Vincey, librement inspirée de l’essai éponyme de la philosophe et psychanalyste, publié chez Fayard en 2010 et diffusé à plus de 200 000 exemplaires : un succès.

Mais à quoi avons-nous affaire ici ? Une pièce ? Pas tout à fait. Plutôt une lecture : celle d’un dialogue entre deux femmes, interprété par cinq duos d’actrices, et pas des moindres : Isabelle Adjani et Laure Calamy, Emmanuelle Béart et Sophie Guillemin, Isabelle Carré et Sophie Guillemin, Lubna Azabal et Sophie Guillemin, Lubna Azabal et Rosa Bursztein. Nous avons assisté à la version Adjani-Calamy, duo qui se révèle particulièrement à l’aise dans cet exercice déroutant, d’autant que le texte n’est pas toujours simple, nourri de références et de citations d’autres philosophes.
Faisant preuve de courage, les deux stars jouent script en main, avec plus ou moins d’aisance. D’un côté, Adjani en romancière intellectuelle un brin prétentieuse ; de l’autre, Calamy en journaliste télé délurée. En quatre scènes, elles s’apprivoisent au fil de réflexions philosophiques sur la notion de courage, dont on perd parfois le fil. Heureusement, la dynamique Laure Calamy sait parfaitement relancer l’attention et nous embarquer jusqu’au sommet — littéralement, celui d’une montagne — pour un final plus léger, émouvant et drôle.
La fin du courage au Théâtre de l’Atelier, à Paris, jusqu’au 8 mars 2026.
