Interview. Léonard Combier : « L’info va directement du cerveau à la main, entre les deux, je ne sais pas ce qui se passe »

Artiste autodidacte, Léonard Combier dessine depuis qu’il est en âge de tenir un crayon. Par le biais de la peinture, le jeune artiste nous raconte des histoires écrites de manière très impulsive et avec humour. Ses œuvres évoquent la bande dessinée de Chris Ware, les Mandalas ou les arts primitifs. Totalement déstructurés, ses récits contrastent avec ses compositions parfois parfaitement géométriques. Son travail est avant tout ludique, il crée des combinaisons et laisse le spectateur jouer avec. Pour en parler nous sommes allés à sa rencontre.

Léonard Combier – Paris 2050 ©Léonard Combier

Nous t’avons découvert à Art Paris en 2019. Tu étais représenté par la galerie By Lara Sedbon qui expose en ce moment quelques-une de tes œuvres au salon DDesin, à Paris. A l’époque, tu présentais notamment une toile monumentale constituée de plus petites qu’il était possible de positionner à notre convenance. Au premier coup d’œil, ces cases évoquent la BD, mais ta démarche est différente.

Léonard Combier : « Oui, j’ai commencé à dessiner seul dans mon coin. Depuis que je suis tout petit, je dessine énormément… parfois sur mes cahiers de cours. Je ne me nourris pas particulièrement de la BD. Peut-être que certains éléments de la BD m’influencent sans que je le sache. C’est vrai que je fait beaucoup de dessins avec des textes. On peut y trouver des histoires qui s’entremêlent mais parfois, il y a de grosses incohérences. Mon travail est vraiment plus adapté à la toile qu’à la BD. En plus, je ne sais pas reproduire mes propres personnages. Quand je fais un bonhomme, il n’a jamais vraiment deux fois la même tête [rires]. Certains tableaux sont narratifs, mais restent des tableaux. Je m’autorise une liberté totale, je peux y glisser des éléments qui n’ont rien à voir avec le thème général. Je ne m’emprisonne pas dans une histoire bien précise. L’idée, c’est que celui qui regarde le tableau puisse se raconter sa propre histoire. Finalement, que les gens comprennent ou ne comprennent pas ce que j’ai voulu dire, ce n’est pas grave ! L’important, c’est qu’ils repartent avec leur propre histoire. Mon travail est totalement libre d’interprétation ».

Léonard Combier ©Courtesy By Lara Sedbon

Récemment, nous avons découvert une de tes plus grandes œuvres lors de l’exposition « Demain » By Lara Sebdon. Tu y mélanges pour la première fois le noir et blanc et la couleur.

Léonard Combier : « Ce tableau est le plus grand que j’ai réalisé. J’ai voulu jouer sur la notion d’espace et de profondeur. J’ai créé un contraste entre la partie très détaillée en noir et blanc et le bleu uni pour mettre en relief le dessin. C’est aussi une des premières fois que je mélange couleur et noir et blanc ».

Et ce tableau, qu’est-ce qu’il raconte ?

Léonard Combier : « Quand je réalise un grand format comme celui-ci, je prends des automatismes. Je suis dans état presque méditatif, comme quand on fait du vélo et qu’on est dans ses pensées [rires]. Au départ, je n’avais pas une idée générale, je raconte au fur et à mesure ce qu’il me passe par la tête au moment où je dessine. Le noir et blanc me permet d’enchaîner sans passer par l’étape du coloriage qui pourrait m’inciter à la réflexion. En fait, l’info va directement du cerveau à la main, mais entre les deux, je ne sais pas moi-même ce qui se passe. J’équilibre au fur et à mesure que le tableau avance de façon très instinctive. La matin, je n’ai pas d’idée précise. C’est ce que j’ai fait dans la journée qui me guidera le lendemain. Parfois, quand je prends le train, je note des idées, je suis alors dans un état vraiment de réflexion, mais je n’ai jamais une idée principale qui prend le dessus sur les autres ».

Découvrez les œuvres de Léonard Combier présentées actuellement par la galerie By Lara Sedbon au salon DDessin.