En Jeu ! Le musée Marmottan Monet se met au sport

Paris 2024 oblige, le musée Marmottan Monet célèbre le sport, mais à une époque toute particulière, celle de sa métamorphose du loisir aristocratique en compétition populaire.

Octave Guillonnet (1872-1967). La Partie de tennis, 1925. Dijon, musée des Beaux-Arts © Musée des Beaux-Arts de Dijon/François Jay © ADAGP, Paris 2024

Peintures, sculptures, dessins, affiches, photographies, vidéos, médailles… en plus de 160 œuvres, dont une trentaine issue du musée national du Sport de Nice, la nouvelle exposition du musée Marmottan Monet, En jeu ! Les artistes et le sport (1870-1930), démontre, telle une évidence, comment le sport a évolué du loisir aristocratique vers la compétition populaire, à la fin du XIXe siècle. Ainsi, l’accrochage passe de l’impressionnisme au cubisme. On y voit comment Degas, avec sa Course de gentlemen, Avant le départ, ou encore Monet, avec ses Patineurs à Giverny, et leurs confrères impressionnistes capturaient des scènes d’équitation ou d’aviron, tels des paysages, puis comment les avant-gardistes ont érigé le sport en figure de la modernité. Dans ses sculptures de style futurisme, Pierre Toulgouat représente même l’athlète, résolument fascinant pour les artistes, telle une machine à performance. Le parcours met aussi la femme à l’honneur ! A cette époque, elle se distingue dans plusieurs disciplines comme le montre Femme au podoscaphe de Gustave Courbet et le diptyque Les joueuses de Tennis de Maurice Denis, tableau dans lequel les joueuses sont vêtues de robes longues et semblent interpréter une chorégraphie un brin fantaisiste. Dans ce domaine, notre coup de cœur s’est porté sur Partie de tennis d’Octave Denis Victor Guillonnet, un double mixte impressionniste aux couleurs flamboyantes ! 

Vue de l’exposition En jeu ! Les artistes et le sport (1870-1930) © Benoit Gaboriaud

Qui dit sport, dit corps, dit anatomie et mouvement ! Les thèmes sont traités via la chronophotographie et la sculpture, notamment celles étonnantes du Dr. Paul Richer. Enfin, le parcours se clôture par la boxe, ce combat-spectacle, sorte de compétition poussée à son paroxysme, qui rassemble les foules dès le début du XXe siècle, comme en témoigne Between Rounds, la toile de Thomas Eakins. Mais dans ce registre, on retiendra surtout La Lutte, d’Emile Friant duquel émane un fil narratif romanesque !

André Lhote (1885-1962). Partie de rugby ou les Foot-Ballers, 1re moitié du xxe siècle, peut-être en (1937 ?) . Saint-Quentin, musée des Beaux-Arts Antoine Lécuyer © musée Antoine Lecuyer, Saint-Quentin  © ADAGP, Paris 2024 

Exposition En jeu ! Les artistes et le sport (1870-1930) au musée Marmottan Monet, Paris, jusqu’au 1er septembre 2024.

Pour en savoir plus sur l’exposition découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !