Comment va le monde ? La réponse en trois œuvres, à la Bourse de commerce. Première partie.

En ces temps troublés, la Bourse de commerce prend la température du monde, histoire de savoir comment il va. Verdict dans sa nouvelle exposition du printemps Le monde comme il va qui déroule un fil narratif fascinant !

Vue de l’exposition Le monde comme il va à la Bourse de commerce © Benoit Gaboriaud

Vaste exposition déployée dans tous les espaces de La Bourse de commerce, Le monde comme il va rassemble stars de l’art contemporain, Jeff Koons et Maurizio Cattelan notamment, et artistes émergents, Pol Taburet et Mohammed Sami entre autres. En guise de préambule, cette phrase : « Comment pouvez-vous réunir tant de bassesse et de grandeur, tant de vertus et de crimes ? ». Elle est issue du conte philosophique Le Monde comme il va, publié par Voltaire en 1748, et constitue le point de départ de cette accrochage. Pour cette première partie, nous nous sommes attardés sur trois œuvres marquantes, à découvrir ci-dessous. Bonne visite !

Mohammed Sami, One Thousand and One Nights, 2022

Mohammed Sami, One Thousand and One Nights, 2022
Vue de l’exposition Le monde comme il va à la Bourse de commerce © Benoit Gaboriaud

En guise de préambule, le tableau grand format de Mohammed Sami déroute. Baptisé One Thousand and One Nights (Mille et une nuits, en français), il évoque un ciel étoilé merveilleux, mais en réalité l’artiste irakien livre ici une vision nocturne de la défense antimissile, lors de la guerre du golf. Ces lumières, synonymes de beauté du diable, Mohammed Sami les a observées de la fenêtre où il habitait quand il était adolescent.

Jeff Koons, Balloon Dog (Magenta), 1994-2000

Jeff Koons, Balloon Dog (Magenta), 1994-2000
Vue de l’exposition Le monde comme il va à la Bourse de commerce © Benoit Gaboriaud

Maintes fois montré, à tort et à travers, le Balloon Dog (Magenta) de Jeff Koons prend ici toute sa dimension. Moulé en acier inoxydable au poli miroir et peint dans une couleur puissante, l’œuvre monumentale évoque le caractère ludique de l’enfance, mais avec ses formes sexualisées et en regard d’œuvres signées Damien Hirst, General Idea et Robert Gober, ce chien gonflable vient étayer un propos plus grave sur les années 1980, période d’abondance qui a vu aussi exploser l’épidémie de Sida dans la peur ou l’indifférence.

Peter Doig, Pelican (Stag), 2003-2004

Peter Doig, Pelican (Stag), 2003-2004
Vue de l’exposition Le monde comme il va à la Bourse de commerce © Benoit Gaboriaud

Peter Doig peint Pelican (Stag) à Trinidad dans les Caraïbes en 2003, mais de ce décor idyllique surgit une inquiétude, voire une angoisse, provoquée par cet effet lumineux central. Pas étonnant ! Cette scène a été construite autour d’un souvenir, celui où l’artiste a surpris un homme en train de tuer un pélican sur une plage. De cette image gravée dans sa mémoire, il ne reste pas grand chose sur la toile, mais cet instant de volte-face avec le regard du personnage pris sur le fait est palpable.

Le monde comme il va à la Bourse de commerce jusqu’au 2 septembre 2024.

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