Focus sur quatre chefs-d’œuvre de la galerie Borghèse, à découvrir au musée Jacquemart-André

Pour son exposition de réouverture après plus d’un an de travaux, le Musée Jacquemart-André dévoile une quarantaine d’œuvres de la galerie Borghèse, située à Rome, dont des chefs-d’œuvre signés Caravage, Raphaël, Lorenzo Lotto, Titien, Rubens, Botticelli, Véronèse ou encore Léonard de Vinci. Quatre d’entre eux ont particulièrement retenu notre attention.

Vue de l’exposition Chefs-d’œuvre de la Galerie Borghèse © Benoit Gaboriaud

Garçon à la corbeille de fruits, du Caravage, vers 1596

Psyché et l’Amour de Jacopo Zucchi, 1589 – Exposition Chefs-d’œuvre de la Galerie Borghèse au Musée Jacquemart-André © Benoit Gaboriaud

Ce portrait d’un jeune homme tenant un panier rempli de fruits et de feuillages automnaux fait office d’affiche de l’exposition. Le Caravage l’a peint peu après son arrivée à Rome. Il y travaillait en tant que peintre de fleurs et de fruits dans l’atelier du Cavalier d’Arpin. Le jeune lombard de 25 ans à peine fait ici preuve d’un réalisme étonnant, allant jusqu’à représenter des feuilles fanées. Un maître est né ! 

L’Adoration des bergers de Jacopo Bassano, vers 1515-1592

Psyché et l’Amour de Jacopo Zucchi, 1589 – Exposition Chefs-d’œuvre de la Galerie Borghèse au Musée Jacquemart-André © Benoit Gaboriaud

Aujourd’hui moins célèbre que Le Caravage, le peintre vénète, de son vrai nom Jacopo da Ponte, jouissait à son époque d’une reconnaissance toute particulière à Rome. Ce sujet – l’adoration de Jésus par des bergers prévenus de sa naissance -, n’a rien d’exceptionnel. Bassano et son atelier l’ont maintes fois représenté, mais cette version se distingue par sa palette de couleurs lumineuse et la densité de la composition, conçue autour d’une diagonale. Le chien situé aux pieds de la Vierge évoque la fidélité, mais la brebis la plus proche de l’Enfant Jésus préfigure, elle, le sacrifice du Christ.

Psyché et l’Amour de Jacopo Zucchi, 1589

Psyché et l’Amour de Jacopo Zucchi, 1589 – Exposition Chefs-d’œuvre de la Galerie Borghèse au Musée Jacquemart-André © Benoit Gaboriaud

Psyché et l’Amour, ou l’art de cacher les sexes. Ce tableau représente une scène de l’histoire de Psyché issue des Métamorphoses d’Apulée. Elle raconte que la jeune fille, poussée par sa curiosité et par ses sœurs jalouses, décide de découvrir l’identité de son mystérieux amant qui la visite chaque soir sans montrer son visage. En s’approchant de lui, Psyché renverse une goutte d’huile, provenant de sa lampe, sur l’épaule du dieu, qui se révèle être Cupidon. C’est ce moment précis que Jacopo Zucchi immortalise, en situant la scène dans une chambre luxueuse. Ainsi, l’artiste emplit la toile de références à la tradition nordique et aux maîtres florentins de la Renaissance, en particulier à Michel-Ange. 

Léda et le Cygne, d’après Léonard de Vinci, avant 1517

Léda et le Cygne, d’après Léonard de Vinci, avant 1517 – Exposition Chefs-d’œuvre de la Galerie Borghèse au Musée Jacquemart-André © Benoit Gaboriaud

Joconde de l’exposition, le tableau Léda et le Cygne est associé à Léonard de Vinci mais il n’en est pas le signataire. Cette toile est en effet une copie, une des plus anciennes et fidèles de celle du maître perdu depuis 1692. Elle représente une scène de la mythologie grecque, celle de la reine Léda séduite par Zeus qui se présente à elle incarné en cygne. De leur union, sont nés plusieurs enfants sortant chacun d’un œuf ! S’en dégage ici, une puissance érotique indéniable comme dans un grand nombre des chefs-d’œuvre présentés dans cette exposition incontournable. 

Exposition Chefs-d’œuvre de la Galerie Borghèse au Musée Jacquemart-André, Paris, du 6 septembre 2024 au 5 janvier 2025.