Le Centre Pompidou-Metz dévoile des copies surprenantes signées Jeff Koons, Jean Claracq ou Nathanaëlle Herbelin

En collaboration exceptionnelle avec le musée du Louvre, le Centre Pompidou-Metz présente Copistes, une exposition inédite résultant d’une invitation adressée à des artistes contemporains à copier : étonnant !

Vue de l’exposition Copistes au Centre Pompidou-Metz © Benoit Gaboriaud

Ici, une Victoire de Samothrace signée Humberto Campana ; là, un Hermaphrodite endormi de Jeff Koons ; ou encore un Vœu à l’Amour de Claire Tabouret… L’exposition Copistes dévoile quantité de tableaux célèbres revisités par des artistes contemporains tels que Jean Claracq, Hélène Delprat, Laurent Grasso, Nathanaëlle Herbelin, Paul McCarthy, Pol Taburet… soit au total 100 noms issus de la scène contemporaine, toutes régions confondues. Tous ont été invités à copier les grands maîtres (de la collection du Louvre) : une tradition née au XVe siècle, notamment célébrée par Matisse, Picasso ou, plus récemment, David Hockney !

Vue de l’exposition Copistes au Centre Pompidou-Metz © Benoit Gaboriaud

Leur mission ne consistait évidemment pas à reproduire, dans leur plus grande exactitude, les œuvres choisies, mais au contraire de se les réapproprier, d’en réécrire les récits et de créer des ponts entre académisme et contemporanéité. Le résultat est assez inégal, mais trois œuvres ont particulièrement retenu notre attention !

Etude de Jean Claracq, d’après Loth et ses filles fuyant Sodome incendié par l’effet de la colère divine, anonyme 1520

Vue de l’exposition Copistes au Centre Pompidou-Metz © Benoit Gaboriaud

Habitué à revisiter l’histoire de l’art dans ses œuvres, Jean Claracq (né à Bayonne en 1991) a jeté son dévolu sur la toile d’un anonyme datant de 1520, Loth et ses filles fuyant Sodome incendié par l’effet de la colère divine. Ce tableau biblique appartenant au maniérisme flamand, sous son pinceau, célèbre l’amour queer en transformant le châtiment en une utopie, celle d’un groupe soudé face à la violence du monde. 

Deadname Dhewadi Hadjab, de d’après Marat assassiné de Jacques-Louis David (Atelier de), 1800

Vue de l’exposition Copistes au Centre Pompidou-Metz © Benoit Gaboriaud

L’original de Marat assassiné de Jacques-Louis David se trouve en réalité aux musées royaux de Bruxelles ; le Louvre n’en possède qu’une copie. Dhewadi Hadjab (né en 1992 à M’Sila, en Algérie) a alors décidé de pousser « le vice » plus loin en copiant la copie, pour en livrer une version contemporaine et intime. La figure historique de Marat, martyr laïc et proche de David, prend ici les traits d’un de ses amis transgenres. Son corps, simplement endormi, porte la cicatrice d’une mastectomie, évoquant une autre histoire : celle d’un combat dans l’air du temps.

The Witness de George Rouy, d’après Scènes des massacres de Scio d’Eugène Delacroix, 1824

Vue de l’exposition Copistes au Centre Pompidou-Metz © Benoit Gaboriaud

Peintre des corps, George Rouy (né en 1994 à Sittingbourne, en Angleterre) s’est intéressé à ceux de Scènes des massacres de Scio de Delacroix pour n’en livrer que leur expression torturée, libérée de tout artifice décoratif. Ainsi, l’artiste montre ce à quoi sont réduites les âmes qui les habitent, pour en faire une œuvre puissamment symbolique et universelle.

Exposition Copistes au Centre Pompidou-Metz, jusqu’au 2 février 2026.

Pour en savoir plus sur l’exposition, découvrez notre balade photographique ci-dessous, bonne visite !